Supplément dimanche
Dimanche 8 juin 2008Les coïncidences sont parfois bien étranges…
Je vous avais promis à mon retour de Toscane de vous donner l’adresse de la chambre d’hôte la moins chère du coin et néanmoins toute calme et fort agréable. La Callaiola est tenue par Jocelyne Munchenbach, une femme charmante, au-delà de ses apparences de vieille folle excentrique, passionnée de politique, de justice et d’écologie autant que passionnante dans les anecdotes qu’elle raconte ou la vie qu’elle a menée… Sur cette dernière, elle est moins bavarde que sur Berlusconi ou autres bonimenteurs politiques. Ce qui pousse à la curiosité.
Mais j’ai eu toutes les peines du monde à retrouver le nom et la trace sur Internet de son (ex) mari, Ademaro Bardelli, dont les peintures couvrent encore les murs de la maison toscane mais dont la mémoire traverse peu les conversations.
Bref.
C’est à cause de cette évocation, de la peinture contemporaine italienne, que m’est soudain revenu en mémoire le nom d’Hélène Morio.
J’ai connu Hélène il y a plus de 30 ans, sur les bancs de l’école où nous partagions notre manque d’intérêt pour ce qui nous était enseigné et un certain regard curieux, amusé, de traverse sur le monde qui nous entourait et dont nous ne nous sentions pas toujours appartenir. Je bredouillais déjà quelques lignes laborieuses. Elle dessinait déjà avec une aisance étonnante.
Fille de militaire, Hélène ne resta pas longtemps par chez nous. Mais, malgré la distance et le temps, le souvenir, l’amitié, une certaine tendresse demeurèrent.
Malheureusement, la distance et le temps sont parfois puissants
J’ai reçu une invitation à voir les toiles d’Hélène, exposées à l’hippodrome de Vincennes, quelque temps avant de quitter Paris à la fin des années 80. Elle n’était pas à l’exposition. Ses toiles me touchèrent. Je lui ai envoyé une photo de ma fille, âgée alors d’un an, et j’ai reçu en retour une pochette pleine de photos d’autres toiles… Elle était alors à Rome, assistante d’un peintre dont je n’ai jamais su le nom.
Le temps, la distance encore, les années…
Hier, en cherchant trace de la mémoire d’Hélène, je suis tombé sur une enveloppe premier jour, signalant une de ses expositions à Lyon, en 1989. J’ai retrouvé trace du galeriste. Qui m’a annoncé que :
Malheureusement je suis bien triste de vous annoncer que Hélène Morio est décédée.
Désolé si vous étiez un ami.
Avant d’ajouter dans un mail suivant que :
Hélène est décédée d’une phlébite, elle travaillait en Italie, à Rome, je l’ai exposée à Lyon en 1989, j’aimais beaucoup Hélène, une fille épatante. Elle est morte en 2001 à Lyon.
Voilà, la vie passe.
Le temps, la distance et aujourd’hui quelques larmes. Oui, la vie passe. Que sait-elle faire d’autre ?
Sinon, Dino Risi est mort aussi. Hier. Si vous entendez dire qu’une chaîne de télévision rediffuse Parfum de femme, prévenez-moi.
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Toutes les images de ce billet sont (bien sûr) extraites des photos envoyées par Hélène…







Publié par abcdetc






















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