Une image vaut combien de mots ?

Comme dirait Flo Py, la neutralité photographique est un leurre.

N’empêche que l’on continue à bouffer de l’image avec la foi de Saint Thomas qui croit tout ce qu’il voit. Et malgré les dérapages successifs, ça continue de fonctionner.

Après la photo des soldats chinois déguisés en moins tibétains qui a tourné sur les mails des uns et des autres, cette fois-ci c’est par Le Monde qu’est arrivé la polémique.

Vendredi dernier, le quotidien nous présentait 10 photos que le monde n’avait jamais vues. Dix clichés pris a Hiroshima, au lendemain de l’explosion de la la première bombe atomique, le 6 août 1945, à 8 h 17. Du lourd donc, que ces dix photographies, dévoilées dans d’obscures conditions, mais parfaitement crédibles puisqu’émanant de la Hoover Institution, à l’université Stanford, en Californie. Du sérieux!

Et de la graine de scoop! Ca comme l’écrivent les correspondants du Monde aux États-Unis :

«Alors que le débat se développe sur Internet, la presse américaine n’a pas encore évoqué la divulgation de ces nouvelles photographies de la tragédie d’Hiroshima. Ni la presse japonaise, du reste.»

Malheureusement pour Le Monde, pas plus le temps de profiter du scoop qu’Elkabach et Laurent Ruquier n’ont pu profiter du décès de Pascal Sevran, puisque dès lundi les photos d’Hiroshima sont devenues très suspectes puisque plus de la moitié d’entre elles auraient été prises lors du tremblement de terre de Kanto

Ça n’empêche pas la guerre d’être dégueulasse et la course à l’information de comporter elle ausssi des dommages collatéraux.

Et ça ne garantit rien sur notre futur discernement quand on nous vendra la prochaine révélation, enrobée de conspiration, de secrets, de dénonciation de la propagande et de bataille pour la vérité.

Au fait, les photos ont disparu du site du Monde comme de celui de la Hoover Institution. En cherchant bien, on en trouve facilement la trace sur certains blogs, comme sur betapolitique où j’ai téléchargé celle qui illustre cet article.

Et celle-ci, je l’ai trouvée sur le site du Nouvel obs. Elle illustre le tremblement de terre de lundi. Regardez-la bien. Vous ne trouvez pas qu’elle pourrait illustrer un prochain attentat, une prochaine explosion de centrale nucléaire ou la prochaine guerre mondiale?

Une image ne dispense pas de mots…

Une réponse vers «Une image vaut combien de mots ?»

  1. Flo Py à dit:

    Bonjour JR !

    Peut-être même que plus on se dispense de mots, plus on est à la merci au mieux d’une erreur d’interprétation, au pire d’une manipulation plus ou moins grossière (la photo du tremblement de terre que tu as choisie illustre et appuie d’ailleurs magnifiquement ton propos ;-))
    Ça me surprend toujours que ma génération (les trentenaires), et plus encore celles qui suivent accordent autant de foi à l’image. On sait bien pourtant que la photo truquée est née en même temps que la photo tout court…

    ….

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