Des idées pour ne rien changer
Ainsi donc la grande question à laquelle le Parti socialiste est invité à répondre d’ici à son congrès de novembre est : “Clarté, Courage, Créativité” ou “Utile et serein” ?
On sent que le débat d’idées n’a pas fini d’agiter les neurones socialistes qui vont pouvoir s’échauffer avec la nouvelle déclaration de principes du Parti, publiée il y a moins de trois semaines, qui sera soumise à débats et vote lors de la convention nationale du 14 juin.
Si ce catalogue de bonnes intentions paraît bien fade, tiède, généralissime et fort peu de gauche en définitive, tous les espoirs pourraient être permis, puisque les contributions au renouvellement, la rénovation, la reconstruction, la modernisation, la réinventation (et j’en passe) abondent. Libération recense aujourd’hui quelques uns des clubs où s’agitent la pensée socialiste d’avenir.
Dans sa liste, Libé oublie (soigneusement?) de mentionner les contributions de Jean-Luc Mélanchon (Pour la république sociale) ou celle de Paul Quilès et Marie-Noëlle Lienemann (Gauche avenir). Ces derniers viennent d’ailleurs de publier – dans une indifférence quasi générale – un projet non dénué d’intérêt ni de fondamentaux de gauche, intitulé simplement, Être de gauche…
C’est que dans l’organe officiel de l’opposition en déroute, on s’intéresse plus eux décomplexés de la social démocratie ou du centre gauche qu’aux derniers soubresauts d’un idéal révolutionnaire.
Le dernier think tank en date (l’anglicisme c’est déjà un grand pas dans la modernité!), Terra Nova, est ainsi accueilli avec les honneurs de la une.

À travers l’hommage rendu à ce “nouvel espace intellectuel de la gauche progressiste” (dixit Terra Nova), on comprend à quelle gauche se réfère le quotidien (dont on rappellera aux nostalgiques qu’il fut d’extrême gauche à ces débuts…) : énarques et intellectuels autoproclamés associés à des personnalités de la “société civile” comme Denis Olivennes ou Jean Peyrelevade, le tout sponsorisé (à hauteur de 1 million d’euros quand même) par Micro$oft et Publicis dont on connaît la contribution quotidienne à la lutte des classes…
C’est que, si Marie-Noêlle Lienemann désire renouer avec Jaurès, la tendance de la gauche “moderne” est plutôt à “faire table rase”, selon les mots de l’internationale, mais en débarrassant Marx avec les miettes… pour faire place au réformisme et à l’apologie de l’économie de marché.
Comme disait Moscovici l’autre matin sur France Culture, le PS est une marque. Il ne reste plus qu’à savoir ce qu’on va glisser dans le paquet?
Justement. L’un des premiers chantiers annoncé par Terra Nova est la mise en place un groupe de travail pour… étudier l’idée d’une primaire afin de désigner un candidat commun de la gauche à la prochaine présidentielle.
Comme quoi, visiblement, la première idée qui vient à ceux censés en fournir, c’est de ne pas en avoir plus qu’avant. Il s’agit juste de trouver une nouvelle manière de ne pas en avoir et de désigner celui ou celle qui portera les couleurs de ce programme inexistant
Alors si l’avenir c’est de reprendre la même qu’en 2007 (ou le pote du même qu’en 2002 et 1995), pour à nouveau aller draguer au centre et faire perdre la gauche en recyclant (à peine) les idées de la droite, il est peut être urgent de dire qu’on ne veut pas de cette fausse alternative…
Car si après la gauche caviar, la gauche canada dry semble avoir de beaux jours devant elle, électoralement elle se prend des branlées. Et c’est valable un peu partout en Europe.
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C’est rigolo, dans le même numéro, Libération enquête sur le crowdsourcing (encore un bel anglicisme) qui désigne l’art de capter et d’utiliser la matière grise des internautes… et s’insurge contre ce nouvel esclavage qui sollicite les idées de la foule pour mieux les exploiter ensuite.
En politique ça pourrait pourtant être bien de s’inspirer des idées du peuple pour les exploiter ensuite. On appellerait ça démocratie.
Pour commencer.
Mardi 13 mai 2008 à 19:53
on a envie parfois de les prendre tous et de les secouer en leur criant “y’a urgence !! on commence par quoi ?”….
au lieu de cela, ils n’en finissent plus d’expliquer leur défaite, d’en apaiser la vexation, et de se préparer à se re-préparer pour récupérer la première place…. peu importe ce qu’ils en feront, au moins ils l’auront !
bon alors et nous, on fait quoi, on commence par quoi ?
sinon, merci, ça a l’air bien “fiers d’être de gauche” ! sourire