Pause

Samedi 31 mai 2008

On ne peut à la fois, être ici… et là.

Un peu las, je pars en vacances ici :

Merci de votre visite et à bientôt.


Où sont les ministres ?

Vendredi 30 mai 2008

Lundi dernier Roselyne Bachelot-Narquin visitait l’hôpital qui m’a vu naître et mon père n’a même pas pu la rencontrer. (Et en plus, impossible de trouver une photo de la visite à Montargis, une fois encore il n’y en a que pour Orléans.)

Je sais que cette information ne suffit pas en elle-même à illustrer la fracture entre les dirigeants et le peuple. Ce rendez-vous manqué m’a juste rappelé la visite de Rachida Dati à l’hôpital de Besançon dont je n’avais pas été prévenu et à laquelle je n’avais pas été convié.

Mais ce n’est pas exactement l’info que je prévoyais de traiter.

En fait je voulais parler de ça :

Ou plutôt, c’est mon père qui aurait voulu parler de ses soucis matériels à la ministre de la Santé. Parce qu’il a été hospitalisé récemment pour des problèmes cardiaques et que le bassin l’a fait chier. Si je peux me permettre ce raccourci.

Aussi mon père, qui est un grand philanthrope surtout avec le monde entier, voulait proposer à la ministre de lancer un grand programme de recherche afin de trouver une alternative plus confortable à cet instrument dont, à propos de recherche, j’ai eu à la fois du mal à trouver une image (essayez donc de taper bassin dans un moteur de recherche) et j’ai renoncé à dénicher la date d’invention…

Bref. A 80 ans, c’est beau de penser encore au bien-être de l’humanité.

Mon père a donc écrit à Roselyne. Ma mère aussi s’appelle Roselyne, mais ce n’est pas d’elle qu’il s’agit, même si chez mes parents c’est plutôt elle qui pratique Internet, mais pas assez… Bref, mon père m’a demandé de lui trouver l’adresse où envoyer son courrier.

«Fastoche papa», ai-je frimé!

Je suis donc allé logiquement sur le portail gouvernemental, à la page ministère de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative, et j’ai recopié l’adresse :

8, avenue de Ségur
75700 Paris

C’est en recopiant le code postal que ça m’a paru bizarre.

Par acquis de conscience, je suis donc allé directement vérifier sur le site du ministère, où je n’ai pas réussi à dénicher une adresse postale, que ce soit par l’intermédiaire des menus, du moteur de recherche, ou du plan du site.

Pas de problème…

Je suis donc retourné sur G**, où j’ai tapé “ministère de la santé ségur”, avec les accents mais sans les majuscules, et j’ai docilement cliqué sur le premier lien qui s’offrait à moi.

Et là, je suis tombé sur une belle page pleine d’adresse, où j’ai copié celle qui m’intéressait :

8, avenue de Ségur
75350 Paris 07 SP

J’allais refermer la page quand je suis remonté d’une ligne.

MINISTERE DE LA SANTE , DE LA FAMILLE ET DES PERSONNES HANDICAPEES

«Tiens», me suis-je dit dans un premier temps, «ils ont mis un espace de trop avant la virgule et ils ne s’embarrassent pas d’accents». Puis, dans un second temps (et j’enlève les guillemets parce que de toutes façons c’est moi qui parle puisqu’ici c’est mon blougui…), j’ai réalisé que ce n’était pas le même intitulé que tout à l’heure, que la famille et les personnes handicapées ce n’était pas vraiment ni le sport, ni la jeunesse, ni la vie associative…

Alors je suis remonté de plusieurs lignes et j’ai lu :

Ministre de la santé, de la famille et des personnes handicapées, Jean-François MATTEI

Puis en remontant encore :

Ministre des affaires sociales, du travail et de la solidarité, François FILLON

Arghhh !!!!

J’ai donc décroché mon téléphone et appelé le numéro que j’avais trouvé sur le portail gouvernemental (01 40 56 60 00) pour expliquer mon désarroi et demander l’adresse. La personne qui m’a réponde n’avait pas grand chose à faire de mon désarroi («Vous savez ce n’est pas moi qui m’occupe du site Internet!») mais m’a donné l’adresse que je me suis empressé de transmettre à mon père :

14, avenue Duquesne
75007 PARIS

Depuis, j’ai trouvé la page où figure cette adresse.

N’empêche qu’au moment où Éric Besson va nous frimer la tête avec les nouvelles technologies, ce serait bien que le gouvernement qui nous a en charge maîtrise déjà un peu les anciennes. Parce que même en haut débit, je suis pas sûr que mon père ne se serait pas un peu énervé devant son écran.

En plus, je l’ai prévenu. Si le temps de réponse dans les ministères est comparable à celui des services de l’Élysée, c’est pas demain la veille qu’on remplacera les bassins dans les hôpitaux. Pour mémoire, je n’ai toujours reçu ni réponse ni le moindre accusé de réception à mon message posté sur le site de l’Élysée le 5 avril dernier !

********************

Sans vraiment de rapport avec Roselyne Bachelot, si ce n’est celui de la recherche du fameux bassin, j’ai trouvé ça :

Là.


Tous cocus

Jeudi 29 mai 2008

Ainsi donc, près de 600 ans après Jeanne d’Arc, la justice s’intéresse encore aux vierges et annule le mariage d’une fausse vierge au prétexte que son mari n’a pas pu exhiber de drap sanglant à l’issue de la nuit de noce dont on ignore si elle fut consommée ou non, d’ailleurs… Je m’égare.

Outre que cette décision de justice me scandalise et m’inquiète autant qu’Elisabeth Badinter, avec laquelle il m’arrive d’être d’accord, je me demande si elle ne pourrait pas faire jurisprudence dans d’autres domaines.

Au moment de son élection l’an passé, Sarkozy n’a jamais prétendu qu’il était vierge, ce qui aurait été difficilement crédible vu le nombre de mariages qu’il affichait déjà au compteur et de relations qu’on lui prêtait (mais cela ne nous regarde pas…) Il a juste réussi le tour de force de nous jouer le coup de la rupture en faisant comme s’il n’avait jamais été ministre, de l’intérieur, des finances, puis de l’intérieur…

Par contre, pendant sa campagne et depuis son élection, le candidat devenu président mais demeuré Sarkozy ne cesse de répéter qu’il tiendra toutes ses promesses. Il y a même un site tenu à jour par l’UMP pour que nous puissions assister en temps réel au miracle du “suivi des engagements“.

J’en ai déjà parlé dernièrement à propos des35 heures.

Dans son intervention radiophonique du 27 mai 2008, qui ne rentrera pas forcément dans les annales des discours à la nation aux côtés de l’Appel du 18 juin 1940, Sarkozy nous en a refait plein de promesses, dont celle-ci :

«Il y aura toujours une durée hebdomadaire du travail en France et elle sera de 35 heures. Et ma réponse, elle est définitive.»

Et dès le lendemain tu sens que le définitif n’a pas que de beaux jours devant lui et que tout sera mis en œuvre pour contourner les 35 heures et vider la loi de son contenu.

C’est à ce genre de manœuvre aussi minable qu’insupportable qu’on sent que s’il est loin d’être puceau, avec Sarkozy c’est nous les cocus…

Je savais pas trop comment illuster cet article,
mais comme ça parlait de radio
et que j’ai encore des visiteurs qui arrivent ici
en googelisant “fellation carla bruni a sarkozy”,
j’ai pensé que…


Menaces sur l’Europe

Mardi 27 mai 2008

Pendant que Nicolas Sarkozy se répandait sur les antennes de la radio privée entre deux pages de pub, après s’être extasié devant la bidoche à Rungis en compagnie de sa moitié, j’écoutais France-Culture sous ma douche.

Personnellement je trouve que je me lève bien assez tôt pour aller bosser, surtout dans les conditions actuelles sur lesquelles je ne m’étendrai pas pour ne pas risquer d’outrepasser mon devoir de réserve et de perdre ce travail dont j’ai besoin pour acheter de la viande, des piles pour le transistor et du savon… Entre autres.

Bref. Je préfère ne pas faire partie de la France qui se lève tôt et si l’alternative au lever à 5 heures c’est de casser des abribus, je trouve que notre président manque singulièrement d’imagination et devrait se retenir un peu dans l’élan démagogique.

Mais je ne suis pas conseiller à l’Élysée. Et je n’ai jamais cassé d’abribus.

A 7h30 donc, j’exagère un peu. J’étais déjà sorti de la douche, rentré de la boulangerie et j’écoutais la radio, non plus dans la salle de bain, mais dans la cuisine. A l’heure du président sur RTL, sur France-Culture c’est la revue de presse internationale.

Et pour changer de ce président de la République qui radote un peu, ce matin la revue de presse évoquait un autre président, celui de la commission européenne, José Manuel Barroso, qui fait une tournée “pédagogique” des Européens, à travers leur presse, pour nous expliquer comme on vit mieux ici qu’ailleurs. Après La Croix chez nous, Barroso s’adressait à nos voisins néerlandais par l’intermédiaire du Volskrant, pour les convaincre que les citoyens européens se portent plutôt «mieux du point de vue économique, financier, social et culturel, grâce notamment à l’UE».

Je croise tellement de gens qui vont répétant que ça pourrait être pire, qu’il y a plus malheureux et qu’on n’a pas à se plaindre. Je leur réponds maintenant que je n’aimerais pas, c’est sûr, être à la place du plus malheureux, le seul qui, selon cette logique du médiocre aurait le “droit” de se plaindre, mais qui ne doit plus trop en avoir la force.

Quand ce raisonnement, qui fleure bon le moyen-âge où la religion devait tenir un discours similaire aux serfs pour qu’ils se tiennent à carreau, nous est proposé par un dirigeant politique, je frémis. Je ne suis pas sûr que cela aide au comblement du «fossé entre les citoyens et la politique» (dans cet ordre) que déplore le dit dirigeant…

C’est sans doute pour mieux combler le fossé et nous rappeler qu’on a pas le droit de se plaindre, qu’après les Français et les Néerlandais (deux peuples de sinistre mémoire référendaire), Barroso s’est livré à un autre petit exercice pédagogique à destination des Irlandais. En les menaçant des pires conséquences pour eux et pour toute l’Europe s’ils s’avisaient de répondre “non” au référendum du 12 juin sur le traité de Lisbonne.

«Il n’y a pas de plan B. S’il y avait un “non”, en Irlande ou en tout autre pays, cela aurait un effet très négatif sur l’UE”. Si cela ne se passe pas correctement, nous le paierons tous, Irlande comprise.»

On admirera dans cette citation la pédagogie quelque peu roublarde (il ne peut pas vraiment y a voir de non dans un autre pays que le seul appelé à se prononcer par référendum), la grandeur démocratique d’un gouvernement sans alternative et le profond respect de la voix du peuple, qu’on avait déjà testé entre 2005 et 2007.

Et si c’était plutôt entre la politique et les citoyens que s’était creusé le fossé?


Chassez le naturel

Mardi 27 mai 2008

J’adore cette photo, criante de naturel, entre un président dont on sent que le comptoir n’est pas sa tasse de thé et son épouse qui va finir par attraper un torticolis à force de se tordre le cou pour paraître plus petite que son nabot de mari.

Bref, ça défoule deux minutes. A peine.


Compromis, chose dûe…

Lundi 26 mai 2008

Le référendum d’initiative populaire entre dans la constitution…

C’est à des nouvelles comme ça que l’on mesure l’état de la démocratie dans ce pays.

Ainsi donc, les mêmes parlementaires, qui ont escamoté le référendum sur la constitution européenne en allant voter à Versailles exactement le contraire de ce que les électeurs avaient décidé 2 ans plus tôt, s’arrogent le droit de réformer la constitution française.

A propos, on ne sait jamais. Il est possible d’encourager les Irlandais (le seul peuple sur 27 appelé à se prononcer directement sur le traité de Lisbonne) à faire triompher la démocratie avant que les eurocrates ne nous en règlementent le calibre…

Comme dans cette pseudo constitution, sortie par les urnes et rentrée par la force, le même gadget est utilisé pour tenter de faire passer la même pilule auprès du bon peuple. Laissez-nous décider de tout et vous aurez le droit au référendum d’initiative populaire. Quand on voit comment sont bafoués les résultats du précédent référendum, on voit mal l’intérêt, sinon celui de donner un hochet aux citoyens-enfants pendant que leurs dirigeants-adultes s’occupent de tout.

Au prix du scrutin, ça fait cher du jouet.

On ne risque quand même pas une terrible aggravation du déficit, puisque le référendum “d’initiative populaire” «peut être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales», selon un amendement déposé par Arnaud Montebourg…

Déjà, l’initiative d’un parlementaire sur 5, (soit 577 (députés) + 346 (sénateurs) = 923/5 = 185), ça reste légèrement élitiste. Mais si en plus, il faut rameuter 4,5 millions d’électeurs derrière, ça suppose une certaine organisation. L’insurrection populaire devrait encore épargner les classes dirigeantes!

Les membres du PS qui jouent à fond le jeu de cette mascarade en défendant le compromis montrent bien (une fois encore) de quel côté de la démocratie ils se positionnent et quelle considération ils portent au peuple. On notera parmi ses socialistes d’appellation incontrôlée, la présence de Bertrand Delanoë et de plusieurs strauss-kahniens

Il serait tellement simple, pour éviter les conflits, de juste respecter la constitution (de 1958), qui prévoit que «le rôle du Parlement est de voter la loi et de contrôler l’action du Gouvernement». Ce qui ne donne pas vraiment qualité d’assemblée constituante.

A propos, je suis tombé, en cherchant les sources de ce billet, sur la constitution de 1793, laquelle prévoit dans son article 35:

Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

Et quand c’est le parlement qui se fout du peuple, on fait quoi?


Culture express

Dimanche 25 mai 2008

La France a encore perdu le grand prix Eurovision de la chanson.

Mais un cinéaste français a emporté la Palme d’Or à Cannes.

L’Internationale n’est toujours pas le genre humain.

Bref.

A demain.


Liberté surveillée

Vendredi 23 mai 2008

«AFP menacée, presse bâillonnée, libertés en danger.»

Pour dénoncer «les attaques répétées contre l’AFP émanant de hauts responsables politiques français», les salariés de l’AFP ont donc manifesté mercredi en se collant des autocollants sur la bouche pour symboliser les baillons que les “responsables” politiques rêvent de plus en plus à haute voix de coller sur les bouches journalistiques.

Sarkozy, tout garant des institutions et des libertés qu’il devrait être, n’est pas le dernier à s’être lancé dans la chasse aux journalistes, dans la lignée de Mitterrand, qui s’était laissé aller à les comparer à des chiens… Il a profité de la convocation des députés à l’Élysée début mai, pour dire tout le mal qu’il pensait de la presse qui «s’attribue la fonction d’opposition» au lieu de gentiment manier la brosse à reluire, comme le fait si bien Paris-Match par exemple.

Et c’est (quelle coïncidence!) dans la foulée de cette attaque en règle, qu’a été voté une loi sur la protection des sources des journalistes qui ouvre la voie à toutes les dérives et les interprétations possibles. D’ailleurs Rachida Dati, tout en qualifiant le principe du secret des sources de «l’une des pierres angulaires de la liberté d’expression», affirmait aussitôt que ce secret «ne peut pas être absolu». La liberté d’accord, mais conditionnelle…

Brrr.

Au cas où la presse n’ait pas bien compris le message (le communiqué?), les députés UMP se relaient pour le marteler, notamment auprès de l’AFP.

Accusée dans un premier temps de «censure» par Frédéric Lefèvre, qui confondait (naïvement?) droit à l’information et droit au parti majoritaire de diffuser librement ses communiqués vengeurs, l’agence est maintenant la cible des attaques de Claude Goasguen qui confond (naïvement?) agence d’état et statut juridique garant de liberté et d’indépendance… et réclame la privatisation de l’AFP! La ficelle est grossière, mais Bolloré pourrait être intéressé. C’est vrai qu’on a toujours une dette de location de yacht qui traîne…

*

Dans un autre domaine, la liberté d’expression progresse également.

Vous vous souvenez peut-être de Bruno Guigue, ce sous-préfet limogé par la ministre de l’Intérieur pour avoir manqué à son devoir de réserve en publiant une tribune “violemment anti-israélienne“. Les guillemets ne sont pas de moi mais de la ministre.

J’en ai parlé en son temps. Je n’y reviens pas..

Pas seulement parce que j’ai toujours du mal à comprendre cette interdiction sélective de la critique, qui devrait épargner Israël au nom de la shoah…  tout en autorisant tous les amalgames à l’égard des arabes.

Pas seulement parce que d’autres, comme Bernard Langlois dans Politis, en parlent mieux que moi.

Pas seulement parce que j’ai du lait sur le feu…

Mais parce que je suis tenu d’avoir ici «un comportement empreint de dignité».

Si, je vous jure.

J’ai déjà avoué que j’étais fonctionnaire. Je ne vais pas en rajouter. Le secrétaire d’État chargé de mon cas (et de celui de mes nombreux collègues) vient  de nous rappeler à notre devoir de réserve, encore lui, lequel

“ne connaît aucune dérogation, mais doit être conciliée avec la liberté d’opinion et celle, corrélative à la première, de l’expression de ces opinions, reconnues aux fonctionnaires à l’article 6 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires”

En clair?

Fais gaffe à ce que tu dis, même en dehors de tes heures de travail, et ne va pas exposer tes opinions à tout bout de champ… notamment sur ton blog.

Sinon?

«Il appartient à l’autorité hiérarchique, dont dépend l’agent, d’apprécier si un manquement à l’obligation de réserve a été commis et, le cas échéant, d’engager une procédure disciplinaire.»

Ça rigole pas avec la liberté d’expression dans la fonction publique! André Santini, qui n’a pas que des bonnes idées pour remplacer la grève par des brassards, a-t-il pensé que l’on pourrait se servir de nos brassards les autres jours?


Service public…itaire

Jeudi 22 mai 2008

Les habitués de ces colonnes savent déjà mon manque de pratique télévisuelle. Mais les nouveaux venus sont toujours les bienvenus, comme dirait la radio…

Bref. J’ai failli ne pas m’intéresser à une information passionnante concernant la compensation financière de l’arrêt de la publicité sur les chaînes publiques, proposée à l’improviste par Sarkozy (c’était pas vraiment dans son programme électoral), ou comment trouver 800 millions pour «inventer une nouvelle culture télévisuelle» (ça c’était dans le programme…)

La commission pour une nouvelle télévision publique présidée par Jean-François Copé (qui fait décidément beaucoup pour l’avenir de ce pays) a proposé hier pas moins de trois scénarios pour compenser le manque à gagner.

Je résume :

  1. Augmenter la redevance et le nombre de ceux qui la payent.
  2. Taxer les opérateurs de téléphonie et d’accès Internet
  3. Taxer l’électronique grand public.

A une époque où règne l’idéologie TINA (There Is No Alternative, en bon français : on ne peut pas faire autrement), dont on vient encore aujourd’hui de voir une démonstration magistrale au sujet du financement des retraites, on ne peut que saluer ce choix multiple!

Je ne rentrerai pas non plus dans une polémique stérile sur la légitimité de faire payer (dans deux solutions sur trois) ceux qui consomment autre chose que de la télévision. Après tout, le financement des services publiques est assuré sur ce principe de solidarité, où même les célibataires sans enfants payent l’école et les gens en bonne santé des cotisations de sécu…

Justement.

En y réfléchissant.

Dans le projet audiovisuel, il n’est nulle part (officiellement) question de réduction des coûts. Pour foutre un peu la merde à la manière de Devedjan, je rappelle même cette promesse de campagne de Sarkozy, dont on sait qu’il est là pour les tenir :

«Le doublement des fictions sur nos chaînes représenterait 400 000 journées de travail en plus pour les intermittents qui en vivent.»

Bref.

Je me disais.

Comme ça en passant.

Pourquoi on ne tiendrait pas le même raisonnement pour d’autres services? Pourquoi, au lieu de parler toujours de réduction des dépenses publiques on ne chercherait pas des solutions innovantes, comme pour la télévision, pour maintenir une offre de qualité en matière d’éducation, de justice, de santé, de solidarités, de police et d’armée aussi, tiens, je suis pas sectaire…

Non, pas d’impôt nouveau. J’ai dit innovant.

Ni de taxe, ni de contribution, de tribut, de participation, de cotisation… Laissez tomber les synonymes.

Je propose simplement de financer les services publics par … la publicité.

Puisque la télévision va en lâcher une partie et avant que Google ne sorte de l’Internet, on pourrait très bien imaginer plein de manières sympathiques et ludiques d’introduire la publicité partout…

Oui, c’est ça. Il n’y aucune raison que seuls nos sportifs bénéficient de la manne publicitaire. Nos élèves aussi ont droit à des cours sponsorisés par Coca-Cola ou Adidas, les malades à des infirmière habillées par La Redoute, les routiers à des autoroutes offertes par Bouygues, les agriculteurs à des OGM payés par le Crédit Agricole, les flics à des bavures maquillées par L’Oréal…

Entre autres.

Mouais.


C’est quoi ce travail ?

Jeudi 22 mai 2008

Ainsi donc le président a sifflé la fin de la récréation et le signal de fin de la cacophonie qui a salué l’anniversaire des 35 heures. Enfin, il a juste déclaré qu’il n’était «pas question de supprimer la durée légale du travail». Question de formulation.

D’ailleurs Devedjan ne s’y est pas trompé, qui revient à la charge pour demander le démantèlement des 35 heures… au prétexte que «la sortie des 35 heures est un engagement de la campagne électorale du président de la République». Là aussi, question de formulation : sortie (comme dans le programme présidentiel), démantèlement, suppression, assouplissement, flexibilité, pragmatisme… Tout y passe.

Y compris les images audacieuses et un tantinet excessives. C’est pour ça que j’ai cherché un carcan pour illustrer cet article et rappeller à François Fillon ou Xavier Bertrand (entre autres) ce que les mots veulent dire… C’est comme les otages évoqués à chaque grève de la fonction publique, en mémoire sans doute de Florence Aubenas et en hommage à Ingrid Betancourt.

Bref…

Pendant ce temps, côté PS on ne fait pas dans la grande fête pour célébrer cet anniversaire. C’est que, à bien y regarder, la durée du travail n’est pas la même pour tous. Faute d’une loi-cadre qui aurait concerné d’emblée l’ensemble des salariés, les accords au coup par coup, branche par branche, ont oublié près de la moitié des salariés qui travaillent dans des entreprises de moins de 50 personnes.

Et pour les autres, la situation n’est pas toujours brillante : compression des temps de pause, non prise en compte des temps d’habillement, morcellement des journées pour ne pas payer de coupure de déjeuner, etc. Au final, le temps de travail effectif dans l’hexagone est loin d’être l’exception inexportable régulièrement brandie par le candidat (puis le président) Sarkozy et reprise en épouvantail par ses amis du Medef. En témoigne ce graphique sur la durée moyenne effective du travail dans les pays d’Europe, extrait d’Alternatives Economiques hors série et repris sur le site Contre Info.

Mieux, et c’est toujours la commission européenne qui le dit, les 35 heures ont induit des gains de productivité non négligeables.

En résumé et en clair, les salariés français ne travaillent pas vraiment moins, pour ne pas gagner plus et produire davantage. Avec au bout du compte, un accroissement des profits. En 20 ans, rappelle Le Monde diplomatique ce mois-ci, la part des salaires dans la valeur ajoutée a baissé de 9,3%. Excusez du peu. Mais ça, ni la droite ni le Medef n’en parlent.

Le PS non plus d’ailleurs, montrant par là même de quel côté il se place.

Comme pour mieux signifier cette étrange convergence de vues, Laurence Parisot se réjouissait hier dans Le Figaro du fait que…

«La question des 35 heures qui fut l’une des plus graves erreurs de la politique contemporaine n’est plus taboue.»

À la manière de Ségolène Royal qui réclamait qu’il n’y ait «pas de tabou sur les 35 heures», avant de les déclarer non crédibles… (parole d’experte!)

À propos de crédible et de non crédible.

Le secrétaire général de Force ouvrière ouvrière, Jean-Claude Mailly, a émis quelques doutes sur le couac gouvernement Ump à propos des 35 heures. A vrai dire, il n’est pas le seul.

On parie?

Ça, c’est le pilori.
Et je n’ai pas trouvé d’illustration pour tripalium,
l’instrument de torture latine qui a donné… travail.