Prendre aux pauvres pour donner aux pauvres…
Martin Hirsch n’est pas assez médiatisé pour ce qu’il est. A savoir le successeur de l’abbé Pierre à la présidence des Chiffonniers d’Emmaüs (qu’il a quittée pour rejoindre le gouvernement Fillon). En l’embauchant( le débauchant?) dans son équipe d’ouverture, Sarkozy aurait dû exiger de lui le port du béret et de la soutane. Ça aurait fait monter la cote de l’ensemble, comme pour Zidane et l’équipe de France ou Noah et tous les métis… Mouais.
L’abbé Pierre était connu et apprécié des Français pour sa grande gueule qu’il savait ouvrir, même si à la longue, les médias lui tendaient gentiment le micro pour le quart d’heure de gueulante qui donne bonne conscience, avant de passer tranquillement à autre chose, le CAC 40, la météo, le loto, la pub et la télé réalité. Sujets plus intéressants que la réalité des pauvres, que ça soulage toujours de voir à la télé pour bien prouver que c’est pas nous, puisque la télé nous a pas été (encore) saisie par l’huissier.
L’abbé Pierre donc ouvrait sa gueule, comme Chevènement en son temps qui démissionnait à l’occasion pour pouvoir continuer à l’ouvrir. Et si le santon de l’abbé Pierre a finalement été interdit à la vente, Martin Hirsch en marionnette n’est pas mal non plus…
Le “haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté” ne démissionnera pas, malgré les menaces brandies (ou les promesses proférées) il y a deux mois… Il aurait peut être dû fermer sa gueule encore plus tôt.
Car, même si les caisses sont vides (on ne nous le répétera jamais assez) et qu’on ne peut trouver qu’1 à 1,5 milliards pour financer le revenu de solidarité active (RSA), les pauvres aideront les pauvres et la différence pour arriver aux 3 milliards qui empêcheront la démission et la gueulante de Martin Hirsh sera financée par un “recentrage” de la prime pour l’emploi (PPE).
Notez comme dans ce contexte, recentrage sonne aussi bien que modernisation quand il s’agit de casser le code du travail.
C’est à ce moment de grande justice sociale, que notre pauvre Martin pauvre misère Hirsch ouvre à nouveau sa gueule pour dire que «le recentrage ne [le] choque pas du tout» et pour dénoncer «certains ménages» bénéficiaires de la prime pour l’emploi avec 50000 € de revenus annuels.
Le coup de la délation du profiteur exemplaire c’est pas très beau M. Hirsch, même si ça marche toujours, comme lorsqu’on nous promet une chasse implacable aux faux chômeurs ou aux faux rmistes…
L’avantage de prendre aux pauvres pour donner aux pauvres c’est que ça fait plus de poches où piquer, même en prenant moins à chaque fois. Mais les petits ruisseaux c’est bien connu.
Et pourquoi faire autrement ? Tant que les pauvres se laissent faire, en continuant même à se fasciner pour les frasques des riches, sans retrouver de conscience de classe. Tant que les lésés pour compte continuent de donner leurs suffrages à des gens de “gauche” qui dénoncent eux aussi l’assistanat. Tant qu’il se trouve toujours plus de voix pour protester contre ces profiteurs de chômeurs, ces privilégiés de rmistes ou ces assistés de prolétaires (à décliner à volonté) que pour dénoncer les vrais profits, les vrais privilèges et la véritable assistance dont bénéficient les plus aisés.
Au moment où Christine Lagarde plaide l’erreur de communication pour le paquet fiscal, il n’est pas certain que la communication autour du RSA soit de nature à lever tous les soupçons qui pèsent sur une politique «faite pour quelques uns et pas pour tous».

Lundi 28 avril 2008 à 19:35
moi je trouve que c’est une très bonne idée de prendre aux pauvres pour donner aux plus pauvres, car les pauvres sont bien placés pour savoir que c’est pas drôle d’être pauvre, alors ils sont plus motivés pour être solidaires…
il en a de l’idée, ce Nicolas…..comment vous l’appelez déjà ?
Mardi 29 avril 2008 à 11:29
Et dire qu’il n’avait même pas pensé à ça Robin des bois !
Mardi 24 juin 2008 à 11:46
[...] Pas de publicité non plus pour le plafonnement des impositions (autrement dit bouclier fiscal) qui constitue pourtant un gain de pouvoir d’achat non négligeable pour ses bénéficiaires, mais qui n’intéresse sans doute pas assez le grand public, ni pour la revalorisation des retraites qui risque de ne pas vraiment convaincre, pas plus que le revenu de solidarité active… [...]