Supplément dimanche

Photographie

Dernier retour (promis) sur l’expo parisienne qui rappelle à la France sa paresse pétainiste et coutumière. 20 minutes nous offre un diaporama pour voir (quelques photos de) l’expo, sans bouger de chez soi ou de son lit d’hôpital et nous aider à “décrypter” le scandale.

Si les photos ne sont pas forcément sublimes, le décryptage est savoureux. J’ai notamment adoré le passage : “Hormis quelques photos, Zucca ne montre ni les files d’attentes devant les magasins d’alimentation, ni la Résistance ou les rafles de juifs”. Faut peut-être pas trop en faire…

Essayez, juste pour voir, de chercher les photos de la rafle du Vel d’hiv, et imaginez-vous en train de parader devant l’objectif en uniforme de résistant pendant cette période de malsaine occupation…

Bref.

L’exposition arrive un peu tard pour que les photos figurent dans une autre exposition qui rencontre elle-aussi un certain succès. Désolé pour les lecteurs parisiens (mais non pas têtes de chiens) mais ça se passe à Lausanne, au musée de l’Élysée (calme toi président, c’est pas de toi que ça parle) jusqu’au 1er juin.

Controverses (une histoire juridique et éthique de la photographie) présente en effet une sélection de photographies, célèbres ou méconnues, qui ont fait l’objet de polémique ou de procès, de débats ou de controverses, qui ont choqué ou scandalisé…

A la différence de l’exposition parisienne dont personne n’assume plus la responsabilité, les auteurs de l’exposition lausannoise (Daniel Girardin et Christian Pirker) assument.

Christian Pirker, interviewé par la Tribune de Genève, explique comment l’exposition “se veut, discrètement, un hymne à la tolérance” tout en prévenant que “personne ne peut visiter «Controverses» innocemment”. L’entrée de l’exposition est d’ailleurs “déconseillée aux plus jeunes”.

Mais qu’est ce qui nous choque le plus entre les exhibitions de la pédophilie ou celles de l’horreur humaine, entre l’obscénité du voyeurisme au journal de 20h ou la provocation calculée d’un publicitaire, entre la mise en scène de la réalité ou le témoignage de la violence coloniale, comme ci-dessous*?

Portrait de Cherid Barkaoun, Algérie, 1960
Photo Marc Garanger

Pour nos lecteurs qui sont dans l’impossibilité de se déplacer, une quinzaine d’images de presse sont téléchargeables via (un petit détour sur) le site de l’exposition.

Gastronomie

Enfin, si on veut…

J’ai trouvé un site rigolo.

Allemand.

Mais ça n’a rien avoir avec l’expo ci-dessus. Et c’est peut être logique si on en croit les chiffres donnés par Peter Menzel dans son livre Hungry Planet, où les Allemands sont les plus gros mangeurs de la planète.

Bref. pundo3000.com nous propose une étrange galerie de 100 plats préparés, avec pour chacun trois photographies:

  1. vue générale de l’emballage
  2. gros plan sur le produit photographié par la marque
  3. gros plan sur le même photographié à sa sortie de l’emballage…

Il est juste dommage que trop de produits ne soit que typiquement allemands, masi ça permet d’imaginer la même chose de ce côté-ci de la frontière.

Bon appétit quand même à nos lecteurs parisiens et autres. Et bonne consolation à ceux dont la gastronomie hospitalière pèsent sur le moral plus que sur l’estomac…

Musique

J’ai acheté le dernier CD d’Elliott Murphy (qui s’ouvre avec le sublissime And General Robert E. Lee, un classique dès la première écoute…) non pas chez le corsaire de l’internet passé depuis à la presse bobo mais chez bluerose, où ils sont plus gentils et en plus moins chers.

Bref.

Comme ils ont aussi le sens du commerce, ils ont joint à ma commande une petite carte postale annonçant le dernier album de Steve Wynn : Crossing Dragon Bridge.

Je connaissais pas. Et vous?

Sur son site Internet, la biographie du gaillard est ” NOT YET IMPLEMENTED”, mais ça ne l’empêche pas d’avoir une quarantaine de disques au compteur, dont une bonne dizaine avec The Dream Syndicate. En complément de programme, la section sounds vous offre quelques titres à télécharger ou à écouter en streaming, et il ya quelques belles vidéos sur Youtube, dont celle-ci, que j’adore.

Je sens que je vais passer une nouvelle commande. Et découvrir peut être encore autre chose.

Lecture

Je suis en train de lire le bouquin ci-dessus. Lecture salutaire par les temps tumultueux que traversent notre pays, notre monde, notre humanité, et dont il est rassurant d’identifier parfois les résistants, même sans majuscule ni file d’attentes devant les magasins…

Mona Chollet, 34 ans, est journaliste au Monde diplomatique et coanimatrice du site Peripheries.net. (On peut aussi la voir en interview sur Rue89). Son ouvrage dénonce ce que les Américains appellent storytelling, manière de se la raconter, et qu’incarne si bien Sarkozy et sa clique quand ils font étalage de cette réussite qui ne “doit rien qu’à eux-même”. Mona Chollet propose de substituer à cet imaginaire de la réussite individuelle un “nouvel imaginaire émancipateur, en commençant par se réapproprier l’aspiration légitime à l’épanouissement personnel”.

Le tout avec une plume alerte, un style aussi joyeux qu’acerbe, mais qui sait aussi bien pointer du doigt, appuyer là où ça fait mal et où ça interroge, que dire “je” à bon escient, interroger sa propre pratique et ses propres incohérences. Ce qui rend l’ensemble crédible et acceptable la proposition de réinventer un imaginaire en si bonne compagnie.

Publié aux Éditions La Découverte - Zones, Rêves de droite - Défaire l’imaginaire sarkozyste est disponible dans toutes les bonnes librairies. Le texte intégral du livre est en libre accès sur le site de l’éditeur.

Une réponse vers «Supplément dimanche»

  1. Richard à dit:

    et… je savais bien que ce n’était pas les Français les plus gros mangeurs !

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