RGPP…

Alors que la réforme des lycées se poursuit dans la plus parfaite concertation, voilà que le gouvernement embraye sur la réforme de l’hôpital.

Histoire de pas perdre la main et de tenir la promesse de “tout réformer en même temps”

Avec toujours le même objectif : adapter à l’époque, rénover, rationaliser, moderniser, restructurer, vivre avec son temps quoi…

Peut-être qu’à la longue les Français vont s’apercevoir qu’ils ont élu un mélange de Thatcher, Reagan et Frankenstein du 21e siècle. Pas forcément moderne.

Et je suis pas sûr qu’il y ait vraiment de quoi rigoler quand on s’appelle ni Ronald ni Margaret.

A chaque réforme, bien sûr, il n’est question que d’assurer une meilleure qualité d’éducation, d’accès aux soins, à la justice, au portefeuille, rayez la mention inutile.

Et que ce soit Darcos qui rejette “la logique quantitative” ou son président (qui ne sera jamais le mien) qui défie “quiconque“, à tout bout de champ
– “d’oser dire aux Français que la recomposition hospitalière n’est pas indispensable“,
– “de dire que l’on ne croit pas en l’hôpital public“,
– “de [lui] expliquer que le conseil d’administration de l’hôpital administre” (sic ?)
soit trois défis rien que dans le discours de jeudi,
défense de penser que la logique de la réforme n’est que comptable.

Même si, ce qui compte au final, c’est de réduire toujours plus, le service public pour tous, et les impôts pour quelques uns, c’est pas forcément facile à dire à “quiconque”. C’est pour ça peut être que “quiconque” n’a pas encore bien compris.

Mais on va avoir le temps de comprendre. Car c’est pas fini. Ce n’est qu’un début, et comme on disait il y a 40 ans, le combat n’est pas terminé.

Mouais, si on veut… Mais c’est pas tout à fait ça.

Au programme de la modernisation qui a même son site pour nous prouver la modernité, on trouve surtout des recettes bien libérales.

De l’allègement des “lourdeurs administratives” au “déploiement de solutions innovantes”, des “réductions de charge” ou “de la règlementation” à la “libération des ressources pour les acteurs de l’économie”, de la “définition d’objectifs de performance” aux “indicateurs de performances des politiques publiques” – et j’en passe – tout concourt à optimiser les coûts, à gagner en productivité et à économiser.

Est-il besoin de rappeler que le dernier discours présidentiel, du 4 avril dernier, sur la Modernisation des Politiques Publiques et la Réforme de l’Etat, portait essentiellement sur la manière de gratter quelques milliards sur les dépenses publiques pour mieux payer le paquet fiscal de 15 milliards offert au lendemain des présidentielles…

La meilleure manière d’économiser serait de supprimer carrément les services publics. Cela ferait plaisir à la fois à la Commission européenne qui réclame une concurrence “libre et non faussée” universelle et aux entreprises qui se goinfreraient bien les services les plus rentables (privatiser les profits et socialiser les pertes). Et ça ne déplairait pas au bon peuple auquel il est si facile de montrer du doigt ces fonctionnaires privilégiés pour qu’il ne regarde pas ailleurs du côté du partage des richesses…

A propos de fonctionnaires, le peuple va être content

Le rapport Silicani, remis jeudi dernier au ministre du Budget et de la Fonction publique, Eric Woerth, prévoit de faire le ménage dans des statuts bien sûr obsolètes, en payant les fonctionnaires au mérite, en les soumettant à la productivité et en licenciant «les agents devenus inemployables ou insuffisants».

La précarité pour tout, c’est moderne et ça évite les jaloux. Et c’est urgent, comme l’explique notre premier ministre sur son blog où il affirme que la France qui ne supporte plus Sarkozy peut supporter la vérité.

La question de savoir quelle éducation, quelle santé, quelle culture, quelle environnement, quel dialogue social, quelle société on veut, ne se pose plus. Il n’y a plus d’alternative au rouleau compresseur libéral. Et le président s’lâche nous défierait volontiers d’en trouver une…

Et à gauche?

François Hollande vient d’ouvrir son blog, que vous trouverez ici et non pas ici. Mais à part 1 ligne dimanche dernier et une petite vidéo mardi, rien!

Quand je pense que François Fillon arrive à en écrire plus et que je réussis à écrire un billet ici chaque jour. C’est peut être parce que je suis fonctionnaire?

Une réponse vers «RGPP…»

  1. Richard à dit:

    C’est peut être parce que je suis fonctionnaire?
    >> C’est la seule explication !

    Finalement, en y réfléchissant un peu, il l’a dit ! non ? donc… il le fait
    et on n’a que ce qu’on mérite !

    Ce qui est amusant dans la démarche c’est les petits tests d’opinions !
    on injecte délicatement dans les médias un petit bruit et on attend la réaction…
    1) …ça bouge !?? vite on fait marche arrière !
    Nous !?? mais non, on n’a jamais dit ça, ne vous inquiétez pas
    2) …ça ne bouge pas ! super, ça passe…

    alors ! bougeons !!!

    *

    et puis déjà dans charlie-hebdo l’été dernier :
    http://www.deridet.com/index.php?action=article&numero=820

    finalement, rien de nouveau sous le soleil ! on le savait tous…

Laisser un commentaire