Pas synchro ou carrément schizo ?
J’ai déjà évoqué mes visites sur le site de l’Élysée, sur lequel, malgré mes remarques réitérées, la mention du mariage présidentiel n’apparaît toujours pas et dont je n’ai toujours aucune nouvelle concernant la question que j’ai posée, il y a une dizaine de jours, après le discours de Bercy…
Dans le même billet du 5 avril, j’évoquais les broderies sarkoziennes sur les discours que lui préparent consciencieusement ses conseillers. Cette remarque non plus n’a pas été prise en compte. Je crois que sarkozy n’en a rien à foutre de moi…
Ce qui n’est pas réciproque. Car je continue à m’intéresser au personnage, même si…
Ce matin, je suis donc passé faire un tour à l’Élysée, enfin sur le site. Je voulais charger le discours sur l’hôpital, pour ma doudou et aussi pour un futur billet. On en reparlera.
Et ce matin, en page d’accueil, il y avait :
“Hommage à M. Aimé Césaire, poète français, homme politique et co-fondateur du …”

Je vous donne la suite qui se trouve dans les pages intérieures : “…co-fondateur du mouvement littéraire la négritude”.
Mais là n’est pas la question du jour, même si vous avez répondu juste.
Le texte en lui-même est correct. Ce n’est pas du meilleur Guaino, mais il colle à l’actualité. On peut quand même reprocher au nègre présidentiel d’avoir baclé un chouia l’hommage à un homologue, plus authentiquement nègre que lui ! La mort d’Aimé Césaire le 17 avril n’était pas vraiment inattendue. Son entrée au Panthéon avait même été réclamée avec une semaine d’avance. (A l’heure où j’écris ces lignes, la pétition pour demander cette entrée panthéonesque n’a toujours recueilli que 173 signatures, et même pas celle de Ségolène Royal…)
Bref, passons sur l’écrit.
Mais alors l’oral… Lamentable!
Une fois encore, le président s’lâche, le nez pourtant rivé à son papier, n’a pu se retenir de pratiquer quelques escamotages dans le texte initial. C’est ainsi qu’après avoir salué “la mémoire d’un grand poète” il a zappé “la qualité de son écriture” et qu’il est passé à pieds joints sur le “symbole d’espoir pour tous les peuples opprimés” et sur le courage d’Aimé Césaire pour “soutenir la loi de 1946 qui a mis fin aux colonies, sans pour autant rompre avec sa recherche identitaire qui constituait le cœur de sa vie”.
Et pour compenser les trous ainsi creusés, de se vanter que “je l’ai rencontré”, sur l’air de “je connais tout le monde et c’est tous mes potes”, puis de raconter une pauvre anecdote sur Pompidou, Senghor, Normale sup et la classe supérieure… qui a autant à voir avec la poésie que Sarkozy avec la délicatesse.
C’est à ce moment-là que j’ai pris la photo d’écran. Pour vous donner une idée.
Du décalage entre le geste et la parole. Parce que ce petit riquiqui de la main droite ne m’évoque pas trop la classe supérieure.
Du décalage entre le sourire de benêt satisfait, par lequel Sarkozy ressemble de plus en plus à de Funès et de moins en moins à un chef d’État, et le moment d’hommage à un poète qui vient de mourir, ce qui n’incite pas, normalement, à la jubilation.
Avant d’être élu, Sarkozy avait évoqué la retraite spirituelle qu’il ferait une fois président “pour habiter la fonction”.

A le voir ainsi gesticuler de manière si inapproprié, on sent qu’il n’a pas fait le bon choix spirituel après l’élection.
Pour les obsèques nationales, souhaitons qu’il sache se tenir, se retenir, se contenir, afin d’habiter mieux son personnage et sa fonction…
Vendredi 18 avril 2008 à 18:53
“Je crois que Sarkozy n’en a rien à foutre de moi…”
Meuuuuh non ! Qu’elle idée !??