Un garçon exemplaire

J’écoutais la radio en préparant le repas, comme des millions de mes semblables à cette heure, lorsque j’ai sursauté en entendant le journaliste des infos du soir citer Jean-Claude Trichet, gouverneur central de la BCE (Banque centrale européenne) pour ceux qui ne situerait pas bien le personnage, et dont je vous mets la photo pour encore mieux visualiser.

Et pour le son, ça donne :

“Le niveau d’incertitude résultant des turbulences sur les marchés financiers reste inhabituellement élevé et les tensions pourraient durer plus longtemps que prévu initialement.”

En bref, on est pas dans la merde à cause des salopards qui ont joué avec nos économies et ça pourrait bien durer.

Mais comme l’unique obsession objectif de la BCE est la lutte contre l’inflation, le Jean-Claude traduit explique le vrai problème qui nous menace :

“Nous connaissons une période plutôt prolongée de taux d’inflation temporairement élevé.”

On admirera au passage l’oxymore (ou oxymoron), figure de style qui consiste à placer l’un à côté de l’autre deux mots opposés ainsi que le culot qu’il faut pour évoquer le temporaire qui se prolonge.

Mais en termes de culot, je vous ai gardé le meilleur pour la fin. C’est là que j’ai sursauté, quand le journaliste a rappelé que Jean-Claude Trichet a appelé les syndicats à “être responsables”, c’est à dire en langage courant, à pas la ramener avec des demandes d’augmentation de salaires. Le même Jean-Claude Trichet a d’ailleurs jugé “inacceptable” l’indexation des salaires sur les prix demandée par plusieurs syndicats européens.

Ce genre de déclaration bien sociale évoque les propos de notre ministre de la Fonction publique, Eric Woerth, qui rappelait en février que “l’augmentation du point d’indice [des fonctionnaires] n’a pas pour vocation à traduire la hausse des prix”. On se demande même pourquoi on continue à payer fonctionnaires et salariés, alors qu’on pourrait se contenter de rémunérer actionnaires, spéculateurs, ministres et autres gouverneurs. Mais tel n’est pas mon propos…

Après avoir sursauté, je suis allé vérifier, parce que j’aime bien savoir et vous faire partager.

Eh bien, je suis forcé d’avouer, Jean-Claude Trichet est exemplaire. Selon les chiffres que j’ai trouvés ici, il n’aurait pas été augmenté de plus de 2% entre 2006 et 2007.

C’est vrai qu’avec un salaire de 345 252 € annuels, sans compter l’indemnité de résidence, les allocations scolaires, de foyer et pour enfant à charge, ainsi que diverses prestations d’assurance, on est moins sujet à la revendication salariale.

Une réponse vers «Un garçon exemplaire»

  1. ta fille en Inde à dit:

    ouf… j’ai eu peur.
    trois, quatre jours que je me levais sans article…
    merci!

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