Ce n’est pas la peine d’en rajouter
Je ne sais plus quel café faisait sa publicité avec ce slogan. Peut importe. Raffarin n’est plus Premier ministre et je ne crois pas qu’il soit retourné faire le gringo.
On a maintenant Sarkozy, et lui, il en rajoute.
Je parle pas de son train de vie ou de ses tentations exhibitionnistes, mais de ses discours.
Parce que parfois, quand j’ai le moral, je me regarde une petite vidéo sur le site de l’Élysée, ou je télécharge un discours pour voir ce que ça dit.
Je remercie au passage le service informatique de l’Élysée qui a corrigé une erreur dans la création des pdf qui empêchait d’y pratiquer le copier-coller, si facile pour faire des citations justes.
Bref.
Ce qui est savoureux, dans les discours sarkozystes, c’est les ajouts.
La prose guainoiste vaut déjà le détour avec ses emprunts éhontés à Jaurès ou à Blum, mais les broderies présidentielles sont souvent aussi délicieuses en ce qu’elles dévoilent son inconscient (ou pas?) ou son sans-gêne, que périlleuse en ce qui concerne leur syntaxe…
Je recommande à un étudiant en linguistique ou en psychologie, d’en faire une étude comparée approfondie.
En ce qui concerne le discours d’hier, et comme je le faisais remarquer dans le billet précédent, les deux versions sont, comme d’habitude différentes.
Et les écarts présidentiels du jour m’ont amené plusieurs questions.
Concernant la première, je me suis tourné directement vers l’interessé pour avoir une explication de texte et un rafraîchissement de mémoire.
J’ai envoyé ce message via le formulaire de contact mis à notre disposition de citoyens :
Monsieur le Président
Dans votre discours prononcé hier au ministère du Budget, des Comptes Publics et de la Fonction Publique, vous avez notamment déclaré (fin de page 1 – début de page 2 de la retranscription de Ilhame Bouchikhi reproduite sur le site de l’Elysée sous la référence 04.04_CMPP.pdf) :
”Je voudrais également saluer Philippe Parini, qui a accepté de préparer le rapprochement et qui sera nommé directeur général du prochain Conseil des ministres. Cela nous rappelle de grands souvenirs, je ne le connaissais pas en 1993, en revanche j’ai vite connu celui dont il était l’adjoint qui avait une conception curieuse de son poste de Directeur Général du personnel, puisque sa conception consistait à organiser une manifestation dudit personnel pour protester contre la nomination d’une de mes conseillères techniques que je retrouve avec plaisir dans cette salle. Je ne connaissais pas le Directeur du personnel, j’ai eu le plaisir de le saluer pour lui dire au revoir.”
J’ai réussi à retrouver le nom de Daniel Morel, remplacé le 23 avril 1993 par Philippe Parini. Je ne réussis par contre pas à retrouver la composition de votre cabinet ministériel de l’époque et par conséquent le nom de cette conseillère qui provoqua de tels troubles et qui, se trouvant hier au ministère du Budget, ne peut être Mme ex-Sarkozy.
Je me tourne donc vers vous afin d’obtenir cet éclaircissement qui m’aidera dans la compréhension de votre discours, de votre politique, de ses motivations et de ses fondements.
En vous remerciant par avance, je vous adresse, Monsieur le Président, l’assurance du respect que je porte à votre charge.
Je ne sais pas si ni quand j’aurai une réponse. Je vous tiendrai au courant. Mais si quelqu’un d’entre vous connaît le nom de la conseillère, je suis preneur.
*
Et pendant que je fais appel à vous.
Vers la fin du même discours, le président s’lâche a ajouté ce paragraphe :
“Enfin, je terminerai en disant aux fonctionnaires, je crois qu’en 32 ans de vie politique. Jamais personne n’a pu retenir une expression que j’aurai utilisée qui ne soit pas profondément respectueuse à l’endroit de la fonction publique de notre pays.”
Tout est dans le “je crois”. Si vous croyez le contraire et que vous (re)viennent des exemples, faites partager.
Je vais chercher aussi.
A bientôt… Je crois bien.

