Trois cent trente-trois petites crottes • Les remplaçantes - complémentaires (2)

Lundi 31 mars 2008

11 décembre
Zacharie classait les faits divers de la matinée avec son enthousiasme habituel quand il sursauta soudain à la lecture des premières lignes de la dépêche qui venait de tomber.

12 décembre
Franck réfléchit à peine un quart de seconde avant d’arracher la prise murale de l’ordinateur et de fuir la salle informatique en y mettant le feu.

13 décembre
Les établissement Mc Lingus jouissaient d’une excellente réputation, fondée notamment sur plus de trois siècles d’une production irréprochable, avant l’arrivée fatidique de Geoffrey Martineau au service contentieux.

14 décembre
On m’avait prévenu que Liliane Dumont avait une coquetterie dans l’œil mais je ne m’attendais pas à croiser un tel strabisme.

15 décembre
« Si la vie avait vraiment une morale, vous n’auriez pas l’opportunité de m’entendre vous la dire », me souffla mystérieusement Gaétan Point en même temps que la fumée de son cigare et son haleine encore chargée de son déjeuner du midi.

16 décembre
Comme chaque année, la mère de Fanny nous réveilla à 5 heures du matin, pour être la première à souhaiter un bon anniversaire à sa fille qui avait eu la mauvaise idée de naître à cette heure indécente 37 ans plus tôt.

17 décembre
Victor avait choisi de devenir héliciculteur comme on entre en religion, espérant trouver au contact des gastéropodes un sens à sa vie ou, mieux, une certaine transcendance.

18 décembre
« Marcelline ! », tonna une voix dans l’escalier, juste avant que son père, rouge de colère, ne surgisse et se jette sur moi sans me laisser le temps de m’extraire des dentelles de sa fille.

19 décembre
Le sommet des tours de la cathédrale disparaissait encore dans la brume matinale, quand deux silhouettes traversèrent silencieusement le parvis pour se rejoindre au pied de la statue de l’ange.

20 décembre
Arrivé au terme des 300 pages, Carlos était convaincu qu’il était digne d’une autre vie que son existence minable et était déterminé à changer radicalement pour parvenir à cette réussite individuelle qui lui tendait enfin les bras.


Pendules à l’heure

Dimanche 30 mars 2008

J’ai failli oublier le passage à l’heure d’été dont on se demande chaque année l’utilité.

Quand on voit l’énergie dépensé pour s’adapter à chaque printemps puis à chaque automne au changement d’heure, et toute l’énergie qu’il faut pour mettre à l’heure , deux fois par an, à travers toute la France et l’Europe, toutes ces pendules, horloges, réveils, montres, portables, appareils électriques divers, ordinateurs (et j’en oublie forcément)… On devrait faire le calcul.

Mais j’ai eu beau chercher, j’ai trouvé aucune statistique sur le parc horloger national ou européen… Tant pis.

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On parlera d’autre chose…

Juste avant le changement d’heure, la flamme olympique est passée par Athènes, et après le changement d’heure elle a été transmise à l’Acropole aux organisateurs chinois. Le tout sous escorte policière, sur un parcours tenu secret et à l’abri des médias… Une belle leçon de démocratie en direct.

«Nous sommes ici pour célébrer l’esprit olympique, pas pour s’engager dans des débats politiques», a précisé le vice-président exécutif du Comité chinois Wang Weï, à l’attention des mal-comprenants.

Son collègue grec Minos Kyriakou a renchéri pour les très cons qui auraient besoin d’un piqure de rappel : «Nous sommes là pour le sport. Si une petite minorité souhaite manifester, (c’est) son problème».

Et la police grecque est passé aux travaux pratiques pour ceux qui peinent à l’oral…

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C’est vrai quoi. Les sportifs ne vont pas se laisser embêter par des imbéciles qui parlent d’autre chose et détournent le noble spectacle de l’effort humain à leur profit idéologique. Non mais !

Mais les imbéciles sans idéologie autre que leur connerie, ça ne dérange ni les sportifs, ni les politiques, ni la police.

On a pu le vérifier samedi soir au Stade de France à Paris

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…où ni les organisateurs, ni les sportifs, ni la police ne sont intervenus contre les manifestants.


Trois cent trente-trois petites crottes • Les remplaçantes - complémentaires (1)

Dimanche 30 mars 2008

Parce que vous n’aimerez peut être pas les trois cent trente-trois crottes initiales et que certains lecteurs m’ont fait part de leur déception qu’il en manque trente-deux pour tenir une année complète, je vous propose quelques crottes remplaçantes et/ou complémentaires…

30 novembre
Contre toute attente, Natacha de Sainte-Guille se mit soudain à s’intéresser au bonheur et même à lui prêter assez de caractère subversif pour lui trouver du charme.

1er décembre
Une brigade de policiers traversait la dalle au pied des barres en courant et en tous sens.

2 décembre
Chaque matin en revenant de sa nuit passée chez Maude, Emmanuel traversait le cimetière tout proche, en saluant depuis son vélo les morts qui lui étaient devenus familiers.

3 décembre
En la rattrapant avant qu’elle ne tourne au coin de la rue, Sébastien ignorait encore qu’il changeait le cours de sa vie et de celle de Justine.

4 décembre
Valentin avait raté sa correspondance à cause d’un stupide instant d’inattention, et il en profita pour visiter le quartier de la gare qu’il ne connaissait toujours pas.

5 décembre
Mamie-Lou s’était arrêtée de vieillir pour repartir en marche arrière et se laisser doucement retomber en enfance.

6 décembre
A certains moments, il me semblait qu’il n’y avait plus ni passé, ni avenir, ni avant, ni après, juste l’instant qui nous réunissait.

7 décembre
Emile Ligard était le représentant exclusif des produits d’entretien de l’amour dont il était également l’inventeur.

8 décembre
Clément rêvait, le nez en l’air, en regardant par la fenêtre les arbres s’agiter et perdre leurs feuilles, et se demandait s’il lui faudrait toute sa vie perdre autant de temps en tâches inutiles.

9 décembre
« Mais où vont-ils chercher tout ça », se demandait machinalement Raymonde, figée devant son poste de télévision déserté pour cause de grève générale.

10 décembre
Arthur Legendre avait si bien pris l’habitude de se rallier à la majorité, qu’il avait entrepris de recenser les phrases toutes faites qui recueillaient l’assentiment général.


Supplément dimanche

Dimanche 30 mars 2008

J’ai trouvé ça sur Internet :

Bravo et merci à Nathalie Mauffrey qui me fait signe (à nouveau) quand elle veut pour le scénario du long métrage…


Trois cent trente-trois petites crottes (37)

Samedi 29 mars 2008

325. Comme chaque matin, Louis écoutait la Marseillaise, au garde-à-vous dans sa cuisine.

326. Toute la nuit, les pillards se succédèrent, laissant derrière eux à l’aube un hameau dévasté.

327. L’informateur à l’autre bout du fil contrefaisait ridiculement sa voix.

328. Le train de 19h47 en provenance de Vintimille n’arriva jamais à destination.

329. Pour lutter contre l’inflation législative, le parlement avait voté une loi … obligeant à supprimer un texte chaque fois qu’un nouveau serait proposé.

330. La grande épidémie du début du siècle avait obligé la famille Weber à abandonner le poulet et à se tourner vers le porc.

331. Plusieurs heures avant l’ouverture des portes, une longue file se formait déjà devant la perception.

332. Les résultats des examens du labo révélaient que le sang de la victime était plein de sentiments contradictoires dont certains semblaient ne pas lui appartenir.

333. Tu resteras, infiniment je l’espère, cette femme que je désire infiniment.


Évolution

Samedi 29 mars 2008

C’est samedi…

J’aurais pu parler de l’Argentine qui manifeste dans Le Figaro…

…mais j’ai eu un peu peur que vous ne finissiez par croire que je suis de mèche avec la presse de droite. Alors je me contenterai de leur piquer la photo et de vous envoyer plutôt vers les deux billets (ici et ) publiés par Pauline (à laquelle je dois une citation…) qui donne un autre point de vue des mêmes évènements. Comme quoi, le regard porté sur le monde est toujours subjectif et les informations toujours susceptibles d’être démenties.

*

Ça n’a aucun rapport, sauf que c’est une information qui en dément une autre.

Thomas Edison, l’inventeur du phonographe, n’est pas le premier à avoir enregistré la voix humaine.

Le phonautographe, tel qu’il est dessiné ci-dessus, est un appareil français, oui madame, imaginé par un certain Léon Scott de Martinville, en 1857.

C’était dans le New York Times cette semaine. Je frime mais je l’ai lu dans La Croix qui donnait le lien vers le site firstsounds qui diffuse l’enregistrement le plus ancien de la voix humaine, qui aurait été réalisé en 1860, sur l’air de Au clair de la lune

Au-delà de l’anecdote et de l’émotion, je me dis qu’une civilisation, qui a pu passer en 150 ans de ces quelques secondes de musique sur papier à l’intégrale de Carla Bruni-Sarkozy piratée en p2p, a des raisons de rester optimiste sur son devenir.

*

Ça n’a aucun rapport, encore, sauf que de la lune à l’espace il n’y a qu’un pas et que ça cause aussi de papier.

J’ai d’abord cru au canular en trouvant un premier article sur Le Post, mais j’ai trouvé des infos complémentaires sur le site de Radio Canada :

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Les Japonais ont en projet le lancement d’un avion en papier (de 7 cm de long sur 2 cm de large) depuis la Station spatiale internationale (SSI) pour observer sa trajectoire et concevoir de futurs vaisseaux spatiaux.

Non seulement c’et mignon tout plein, mais ça démontre que l’humanité a de la ressource, malgré les manifestations à Buenos Aires et le piratage du patrimoine culturel de notre beau pays.

*

Et puis ça me permet de placer une info dont je sais pas quoi faire, un projet dont j’ai régulièrement des nouvelles depuis que je me suis inscrit sur la mailing list, un truc qui a à peine un rapport

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La banane géostationnaire au-dessus du Texas, que je trouve aussi loufoque et inutile que rigolote et poétique.

Humaine, quoi…


Plus de place au bonheur

Vendredi 28 mars 2008

Vous vous priveriez de 6 milliards d’euros? Même de 1,6 milliards?

Je sais, pour la plupart d’entre vous ça ne veut pas dire grand chose, et il faut certains événements particuliers (comme les 5 milliards de Jérôme Kerviel ou les 2,4 milliards de notre nouveau sous-marin) pour nous donner un ordre d’idées.

C’est dire qu’on est peu de choses et qu’on peut pas toujours comprendre.

Les journaux, eux, ils comprennent plus vite que nous.

La presse, qui sait plein de choses et que c’est pour ça qu’elle nous informe, n’oublie peut-être pas que les dépenses publicitaires de l’industrie automobile représentent plus de 6 milliards d’euros en Europe de l’ouest, dont près de 1,6 milliards en France. A part la parfumerie et les produits de toilettes*, personne ne fait mieux…

La presse donc, dans sa grande sagesse, ne va pas se tirer une balle dans le pied en venant nous expliquer que 99% des publicités automobiles ne respectent pas la directive européenne sur la mention de la consommation des véhicules et de leurs émissions de CO2. Comme ici :

Alors quand plusieurs associations de protection de l’environnement (Action Conso, Agir pour l’environnement, Amis de la terre, Fnaut, Greenpeace, RAP, Réseau Action Climat France, WWF) nous appellent à envoyer toute publicité jugée illégale au Bureau de Vérification de la Publicité (BVP) via le site Internet www.affichezleco2.fr, les journaux restent d’une discrétion exemplaire, qui doit faire plaisir à voir du côté de Billancourt ou de Sochaux. Et peut être même à Pitesti.

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A part ici ou là, dans Politis (abonnez-vous!) ou Le Journal de l’environnement, c’est calme. Libération a glissé l’information dans une “histoire du jour” de 10 lignes et Le Monde en fait une brève.

Ça prouve au moins que nos journaux français sont moins cons que les Belges où l’information a été lancée et où la presse a vite été rappelée à l’ordre par les annonceurs.

Mais s’ils veulent continuer à nous informer, les journaux doivent bien continuer à gagner leur vie, non?

Et puis, comme disait une publicité d’avant la règlementation européenne, moins développer l’information, ”ça laisse plus de place au bonheur”.

* A propos, j’ai vu hier à Monop… du PQ pour les gosses, spécial petites fesses quoi! Dans la série on arrête pas de nous prendre pour des cons. Comme je regarde pas assez la télé, si quelqu’un a vu la pub pour un truc pareil, je suis preneur…


Trois cent trente-trois petites crottes (36)

Vendredi 28 mars 2008

316. « Et encore une ! », s’exclama silencieusement Raoul en vissant le dernier écrou sur la machine rutilante posée sur l’établi.

317. La nuit survint, surprenant Émilien dans sa métamorphose.

318. Mon père est mort cette nuit, en plein hiver, un an presque jour pour jour après ma mère.

319. Le sillage de l’avion se dissipait lentement dans un ciel sans nuage et Anne-Marie formulait le vœu de leurs retrouvailles.

320. « C’est pas toujours ce que l’on croit », marmonna un Jésus en verve tout en descendant de son piédestal.

321. En attendant son heure de gloire, Quentin Perigot vivait de fichus quarts d’heure.

322. Pour cause d’élections municipales anticipées, le concours annuel de pêche à la ligne avait été, lui aussi, avancé d’un dimanche.

323. L’ovation du public à son entrée dans l’arène galvanisa Patrick Jouffroy qui se sentit devenir un autre ou enfin lui même.

324. Brandon n’avait encore jamais rencontré personne qui connaisse l’obscur saxophoniste auquel son père avait pensé en le prénommant.


Faut pas croire tout ce qu’on vous dit : l’alternative, ça existe…

Jeudi 27 mars 2008

Dans concertation, il y a… certation”, dirait mon père qui avait une certaine pratique.

La concertation se distingue de la négociation en ce qu’elle n’aboutit pas nécessairement à une décision”, précise wikipédia en préambule d’un article présenté comme “une ébauche concernant la politique”.

Le mot de concertation qui revenait régulièrement dans la presse aujourd’hui (avec il est vrai pas mal de guillemets) ne serait donc pas vraiment adapté à la situation (ou il faudra que wikipedia complète l’ébauche) puisqu’on sait que, concernant nos retraites, la décision gouvernementale est déjà prise.

C’est, Luc Chatel, le nouveau porte-parole du gouvernement, qui l’a expliqué la semaine dernière sur LCI :

Il n’y pas d’alternative aux 41 années de cotisation.

Avant d’ajouter pour ceux qui auraient du mal à comprendre :

Si quelqu’un d’autre, en particulier le Parti socialiste, a une proposition alternative, nous sommes évidemment preneurs.

On se demande dès lors, pourquoi nos ministres Xavier Bertrand et André Santini se sont donné la peine de recevoir “les partenaires sociaux” tout au long de la journée. Peut-être pour nous expliquer une fois encore qu’il n’y a pas d’alternative.

Le Figaro, retrouvant ses impulsions classiques d’étendard de la droite libérale, relayait aujourd’hui l’interrogation gouvernementale :

Retraites : que proposent les partenaires sociaux ?

Et concluait la journée en citant le représentant du Medef, Jean-René Buisson, qui estime “non discutable ni négociable” le passage de la durée de cotisation à 41 ans.

Bon, j’arrête avec Laurence Parisot…

Je voulais juste évoquer le fait qu’ils doivent plus se sentir au medef d’avoir si bien vendu leur pensée unique, de voir triompher leurs idées, écartée toute “alternative”, explosées les notions de partage des richesses ou du travail, de solidarité, de justice sociale… ce genre d’idées marxisantes et d’un autre temps.

L’époque est à la modernisation, du système de retraite comme du droit du travail.

Et pour nous en remettre une couche au cas où des velléités de révolte subsisteraient, Le Figaro (encore et toujours lui) nous assène un sondage opportun qui nous révèle que, de toutes façons, nous sommes d’accord pour nous faire avoir sans chercher d’alternative :

60% des Français acceptent le passage à 41 ans de cotisation.

Le rapport complet qui accompagne le sondage vaut le détour en matière de littérature libérale. Je vous en mets quelques passages bien croustillants :

Au courant des difficultés de financement du régime général, les Français savent et comprennent que ce qui se prépare: un inéluctable allongement de la durée des années de cotisations pour bénéficier d’une retraite à taux plein.

Inéluctable, qu’on vous dit. A quoi bon chercher ailleurs…

Cette compréhension ne vaut pas adhésion, mais elle a l’avantage de montrer que l’opinion se prépare à ces éventualités.

Et même si vous n’êtes pas d’accord, vous savez que vous allez devoir y passer. A vous de choisir entre serrer les fesses ou bien lubrifier.

Les réticences à gauche montrent une césure politique sur ce sujet entre la gauche et la société. [...] Les classes moyennes et même populaires approuvent ou se résignent à cette perspective. Les réformes successives ont opéré une pédagogie dans les différentes catégories sociales que les partis de gauche se refusent à assumer.

Approuver ou se résigner. Se soumettre ou se faire mettre… La pédagogie à ce niveau-là se nomme propagande. Mais depuis le ralliement du PS à l’économie de marché, on ne sent pas toujours bien leurs réticence.

Selon des logiques sociales distinctes, les Français misent sur les entreprises ou sur eux-mêmes pour répondre à leur l’inquiétude sur l’avenir de leur retraite. Les plus confiants soulignent l’importance de l’épargne individuelle. Les inquiets insistent sur l’épargne collective en entreprises.

C’est là que vous saisissez (j’espère) toute la logique du sondage. L’alternative n’est plus entre une logique de partage ou une logique d’accumulation, mais entre les confiants et les inquiets, ceux qui épargnent et les autres.

En regardant mieux qui a commandé le sondage, je suis arivé sur le site du Cercle des épargnants (centre d’études et d’information sur l’épargne et la retraite). Un machin, présidé par Jean-Pierre Gaillard, le chroniqueur en chef des exploits boursiers et des records du CAC 40, qui milite pour le Perp ou le Perco, les “nouveaux instruments disponibles pour compléter sa retraite”.

Parce que si vous n’avez toujours pas compris, il est là le but ultime. Nous faire flipper, nous inquiéter, paniquer, trembler pour notre avenir de petit vieux aux abois avec une retraite toute pourrie… pour mieux nous vendre les “nouveaux instruments” de la finance, fonds de pension et autres outils spéculatifs…

Et ça semble devenir urgent.

Avec la crise qui secoue de plus en plus le système, un peu d’argent frais ne ferait pas de mal à nos pauvres spéculateurs…

Vous n’en avez pas assez du délire financier qui est en train de nous pourrir la vie et le monde?

Si oui, vous n’êtes pas les seuls. Politis et d’autres médias (L’Humanité, Le Monde Diplomatique, Là bas si j’y suis…) relaient cette semaine, sous le titre : Spéculation et crises : ça suffit ! un appel à pétition lancé pas un collectif d’une cinquantaine d’économistes européens qui demandent l’abrogation de l’article 56 du Traité de Lisbonne (et vous explique pourquoi)…

Mais dans la cinquantaine, y’a pas Jean-Pierre Gaillard. Ni Le Figaro dans les autres journaux.


Trois cent trente-trois petites crottes (35)

Jeudi 27 mars 2008

307. Je rattrapai au vol le portable que Pauline venait de balancer vers le mur et le lui rendit, avec un sourire qu’elle ne me rendit pas.

308. Afin de se démarquer de la concurrence, le magasin de chaussures Vuillard avait choisi de distribuer aux enfants des sifflets en lieu et place des sempiternels ballons.

309. Séverine passait ses nuits à explorer les poubelles à la recherche de trésors qu’elle revendait dans la journée sur Internet.

310. Une clef à la main, un authentique marin, coiffé d’un magnifique béret orné d’un somptueux pompon, contemplait la serrure face à lui.

311. En arrivant en haut des escaliers et en jetant un coup d’œil machinal à la porte vitré du bureau du service contentieux, Jeannine marqua un temps d’arrêt, prit le temps d’une respiration, d’une réflexion, avant de réaliser, étonnée, qu’elle ne voyait pas son reflet.

312. Imperceptiblement, en l’espace de seulement quelques semaines, Muriel était devenue lourde et laide, visiblement sans s’en apercevoir.

313. On n’avait jamais pratiqué chez les Dumpf d’autre métier que celui d’apiculteur.

314. A force d’user de pseudonymes pour se protéger et pour brouiller les pistes, il avait fini par se perdre lui-même et ne se reconnaissait plus que dans les initiales entrecroisées de ses diverses identités : G.M.A.

315. Depuis maintenant 30 ans, le mois de septembre offrait à Véronique ravie et impatiente, trente nouvelles victimes, chères têtes blondes innocentes qu’elle allait harceler en toute impunité pendant toute l’année, sous prétexte d’éducation nationale.