Passe ton mac d’abord

Jeudi 31 janvier 2008

Les petits écoliers ont peur d’aller aux toilettes. Il paraît.

C’est ce que révèle le rapport annuel de l’Observatoire national de la sécurité des établissements (ONS) qui a recueilli 24 781 questionnaires dans 817 écoles pour arriver à des résultats édifiants.

Si 43% des élèves utilisent les sanitaires de leur école tous les jours, ils sont 48,5% à y aller “occasionnellement” quand ils ne peuvent pas faire autrement et 7,2% à ne jamais les utiliser dont presque la moitié sont pourtant demi-pensionnaires.

Et pourquoi?

Parce qu’ils trouvent que ça sent mauvais (72,9%), que c’est sale (57%), mal éclairé (22%), mal chauffé (30%)… En bref, pas accueillant pour plus de la moitié d’entre eux (50,4%).

Si l’on ajoute la faible minorité (5,3%) qui n’a pas le temps d’aller aux toilettes pendant la récré (comme je les comprends) et les 14,4% qui ont peur d’y rester enfermés ou “malmenés”, le tableau est plus noir que celui des salles de classe.

Résultat?

Près de la moitié des élèves avouent avoir eu mal au ventre parce qu’ils n’avaient pas pu aller aux toilettes. La constipation aiguë ou chronique toucherait 15,1% d’entre eux, et 21,6% auraient eu des infections urinaires en rapport avec cette non-fréquentation.

Pourtant pas évalué sur la propreté des lieux, Xavier Darcos a réagi au lendemain de la publication du rapport pour annoncer une charte pour la “propreté” des toilettes à l’école. Je ne sais pas qui nettoie les wc chez les Darcos, mais une charte ne suffit pas.

De plus, le problème de propreté ne date pas d’hier, si l’on se réfère à cet article, d’où j’ai tiré l’image ci-dessus… et nos souvenirs. Remember.

Ça n’a aucun rapport, mais si nos “chères têtes blondes” rechignent à aller aux toilettes au point de s’en faire mal au bide, ils adorent aller chez McDonald’s© où ça ne les gêne pas d’attraper mal au bide.

Les élèves anglais ont sacrément de la chance puisqu’il vont pouvoir désormais passer leur bac chez le champion de la malbouffe, grâce à une sorte de validation des acquis de l’expérience en “gestion du travail par équipes”.

Cette excellente idée, à rajouter au catalogue Attali pour la croissance, pourrait permettre si on l’importait d’économiser quelques salaires de professeurs, et de régler les problèmes digestifs des élèves.

En effet, outre que grâce à la bonne gestion du travail pas équipes, les toilettes y sont plus propres que celles des écoles, chez McDonald’s© la merde ça se mange…


Ça détend ?

Mercredi 30 janvier 2008

J’ai reçu ça à l’instant par mail. Si l’auteur veut qu’on le cite, pas de problèmes…

- Bon, les gars, on déconne, on déconne, mais on s’éloigne des vrais problèmes. Qui veut un calva ? J’ai du 80 ans d’âge que je fais venir directement de la ferme. Une rareté.

- Qui a pris les cigares ? Jean-Eudes, faites pas le rat, renvoyez les havanes par ici.

- Messieurs ! Quand vous aurez fini de vous torcher, on en reviendra au sujet du jour. Où est Roger ?

- Aux toilettes, monsieur le président, il a du mal à digérer la purée de céleri.

- Bon, puisque notre directeur financier est malade, je vais moi-même rentrer dans le sujet. Peuf… Peuf… (il allume un cigare). Messieurs, comme je le disais, l’heure est grave. Merci pour le calva, Pierre-Henri. Les calculs faits par ma stagiaire cette nuit montrent que nous avons perdu entre 5 et 9 milliards par la faute de ces gros ploucs d’amerloques.

- Font chier, ces yankees. On ne peut plus faire confiance à personne !

- Silence, Charles-Edouard ! Il est trop tard pour nous lancer dans une analyse de risques approfondie. La question du jour est : qui va porter le chapeau ?

Silence général. Tout le monde se regarde bizarrement.

- Non, ne vous inquiétez pas, on n’en est pas encore à foutre des cadres dirigeants à la porte. Le plan social, on le fera sur les guichetiers, faut pas que déconner. Non, mais sérieusement, faut trouver un clampin à faire dégager rapido. De préférence, un qu’aucun d’entre nous ne connaît, histoire de dire qu’on n’était pas au courant.

- Oui, monsieur le président, mais qui ?

- Je sais pas moi, je suis pas là pout tout faire, non plus. Y a personne que vous voulez virer ? Un trou de balle, un minus, mais avec une bonne gueule de psychopathe, qu’on pourrait montrer à la télé en disant “tout est de sa faute” ?

- Oui, comme les anciens hébreux chargeaient un bouc de leurs péchés avant de l’envoyer dans le désert…

- Charles-Hubert, vous nous les pétez menu avec vos histoires de cureton. C’est pas parce que vous avez passé 15 ans chez les jèzes qu’il faut la ramener à chaque codir. La dernière fois, c’était Saint-Paul à Damas pour illustrer le moment où Bernanke a compris qu’il était dans la merde, et la prochaine fois, vous nous faites quoi ? Sodome et Gomorrhe ? Le Déluge ? Allez, on y va, on me donne un nom.

- Mais, président, on ne les connaît pas, les noms des collaborateurs. On leur parle à peine, et encore, seulement pour les engueuler.

- Bon, OK, je vois, c’est encore moi qui vais tout faire. Pierre-Matthieu, passez-moi votre portable. Le trombi de la boîte, il est où ?

- Ici, monsieur le président.

- Putain, ces tronches de tarés qu’ils ont ! Eh, aux RH, vous avez jamais pensé à donner des consignes, genre “éviter d’embaucher des demeurés” ? Bon, on va pas s’en sortir, je clique au hasard… Tiens, celui-là, Bernard Hurningh, vos en dites quoi ?

- Il est conseiller clientèle à Dole, monsieur, personne ne croira jamais qu’on a perdu 5 milliards à cause de lui.

- Même en magouillant avec la Suisse ?

- C’est plus ce que c’était, monsieur, la Suisse. Le secret bancaire n’est même plus garanti, ils seraient foutus de nous prouver qu’on raconte des craques.

- Mouais, va falloir taper dans le lourd. Celui-là, Marc Brice, à votre avis ?

- Directeur financier d’une sous-filiale spécialisée dans le prêt agricole, monsieur. C’est la bourse qui craque, pas le marché du purin.

- Faites le malin, Jean-Edouard, foutez-vous de ma gueule. Bon, celui-là, il a une vraie tronche de vainqueur. C’est mon dernier mot, vous vous sortez les doigts du cul et vous me le mouillez à mort. Jean-Gui, en tant qu’ancien membre du cabinet de l’Elysée sous Mitterrand, les barbouzeries, ça vous connaît, non ?

- Oui, on peut magouiller un peu le système informatique, histoire de faire croire qu’il nous a truandés. Faites voir le nom ?

- Kerviel, Jérôme Kerviel. Encore un de ces petits merdeux qui croient qu’ils vont devenir riches parce qu’ils passent des ordres de bourse toute la journée sur leur écran. On dirait des hamsters sous acides, ces branleurs. Allez, celui-là paiera pour les autres.

- Mais, monsieur, 5 milliards sur le dos de ce trou de balle, personne n’y croira jamais !

- Je vous signale, mon petit Charles-Edouard, 80% des français se sont déplacés il y a un peu plus de six mois pour départager une dinde hystérique, et un velléitaire complexé par sa taille, alors vous savez, le sens critique de ces glandus… Bon, on y va. Plan média, bidonnage informatique, communiqué de presse, plan social en backup, je veux tout ça sur mon bureau demain matin. Et vous me supprimerez le coupon de cette année, ça fera les pieds à ces connards d’actionnaires. Quelqu’un reveut du champ’, on va se saouler la gueule pour fêter ça…

Je me suis juste permis de corriger une faute (courante) sur Dole, sans accent !


En règle

Mercredi 30 janvier 2008

«Soyez vous-même le changement
que vous voudriez voir dans le monde.»

Mahatma Gandhi.
En ce jour anniversaire, j’avais envie d’une pensée dédicace particulière.

Et puis, sans aucun rapport, j’ai lu ça :

Paul McGuinness, le gérant du groupe U2, a dénoncé la responsabilité des fournisseurs d’accès Internet dans le piratage de musique, lundi au Midem, et les a exhortés à protéger les contenus en circulation sur leurs réseaux pour que l’industrie sorte de la crise.
”

C’est le genre de propos qui va faire plaisir à Christine Albanel, notre ministre de la Culture, qui s’oppose sur ce point au rapport Attali (même qu’à la vitesse où ses 316 propositions sont écartées, on va vite pouvoir se servir du verso de son rapport comme brouillon).

C’est aussi le genre de propos qui permet de mesurer l’hypocrisie de ceux qui les énoncent. (Hypocrisie comparable à celle que dénonce l’UFC-Que choisir dans l’opposition de Christine Albanel à la licence globale, mais la ministre de la Culture n’est PAS le sujet de ce billet, compris!)

Le sujet, c’est l’hypocrisie de McGuiness, dont on rappellera juste au passage que le groupe dont il est le “gérant” a un Ipod à ses couleurs chez Apple…

…et que le même Bono qu’on voit ici sur la photo avec Steve Jobs, était aussi il n’y a pas si longtemps dans Bill Gates last day, le clip “célébrant” le départ du dirigeant-fondateur de Microsoft (je vous mets le lien si vous avez 7 minutes à perdre…)

Parce que dénoncer la responsabilité des FAI dans le piratage tout en faisant la promo des ordinateurs qui permettent d’aller surfer ou des baladeurs qui permettent de stocker les morceaux “piratés”, c’est un peu comme lutter contre la violence routière en s’en prenant aux sociétés d’autoroute mais pas aux fabricants d’automobiles.

Ou comme se faire le défenseur de l’écologie depuis son hélicoptère ou de la gauche en prônant l’économie de marché.

Quoi que les deux derniers exemples sont pas probants. Je sais. C’est juste pour la transition.

Pour arriver à Jérôme Kerviel, dont je mets le nom pour le plaisir de voir un Breton bien de chez nous, parti de pas grand chose et avoir en moins d’une semaine 628.000 pages qui parlent de lui sur Internet. (Sans compter les fautes en Kiervel ou Kervel, et le frère Olivier de la BNP…)

Tout ça pour quelques milliards.

Les habitués savent que la finance n’est ni ma passion ni mon fort, mais que je cherche à comprendre. Les lecteurs de passage l’apprendront. A tous, je mets ce lien vers un article fort bien écrit qui m’a un peu éclairé sur l’affaire Société générale.

C’est là que j’ai appris que le jeune Kerviel était employé par la banque comme arbitragiste. En résumé un acheteur de choses pas chères pour les revendre plus chères. (Ça m’est arrivé de faire la même chose sur Ebay en me trompant de taille mais sur des sommes beaucoup moins élevées.)

Arbitragiste en langage de chacun ça s’écrit donc spéculateur. Et, même si c’est un métier où t’es pas toujours obligé de travailler plus pour gagner gros, c’est un métier cohérent avec l’économie de marché dont on nous dit qu’elle est inéluctable et que ceux qui pensent le contraire sont rien que des gauchistes irresponsables.

N’empêche. Le “propre” de l’économie de marché, c’est sa croyance dans le dogme du “libre et non faussé”, à savoir que c’est pas la peine de mettre des règles, le marché s’en chargera, naturellement.

Je rappelle au passage pour les retardataires qu’ils peuvent toujours réclamer un référendum, ici, pour s’opposer au traité “simplifié” qui promeut à fond le dit dogme.

Bref. Il est touchant de voir et d’entendre les champions du libéralisme entonner l’air de la “régularisation“. Pas un pour dire que ce système qui brasse de l’argent virtuel au risque de l’économie réelle est pire que pourri, qu’il ne génère pas de richesse, qu’il n’en distribue pas, que c’est à coups de spéculations que l’on prive les travailleurs du fruti de leur travail, etc. Pas un même pour oser dire que les pertes de l’un sont les profits de l’autre.

Non, on va juste changer les règles de ce jeu pourri. Hypocritement. Pour mieux pouvoir tricher sans que l’autre s’en aperçoive? Et lui balancer au nez que c’est lui le responsable et le pirate…


À propos

Mardi 29 janvier 2008

Je m’apprêtais comme tout un chacun à faire mon petit billet sur le double anniversaire de Lego© (50 ans) et celui du président s’lâche™ (53 ans), quand en cherchant autre chose* je suis tombé sur un exposé qui donne des dates qui ne correspondent pas du tout. Ainsi donc le nom Lego© date de 1934 (72 ans…) et la première brique à plots a vu le jour en 1949 (58 ans). Les 50 ans fêtés hier célèbrent l’invention de la brique “moderne” en même temps que la disparition du charpentier fondateur, Ole Kirk Christiansen, remplacé par son fils Godfred.

Du coup, me voilà déçu…

Concernant notre président, je sais que je ne risque pas la même déception.

J’ai juste une inquiétude. Je dois, moi aussi, me rendre en Inde à la veille de mon anniversaire. Il paraitrait (voir ici) que Sarkozy a promis de revenir en visite accompagné de sa nouvelle conquête. J’espère que mon séjour ne sera pas gâché par de mauvaises rencontres.

A propos de nouvelle compagne, de fausse info, de déception et de mauvaises rencontres, la fameuse photo publiée en Espagne par le magazine DT date d’août dernier. Les bottes que porte Carla Bruni ne sont donc pas celles de Rachida Dati dans Paris Match il y a quelques semaines, et la bague au doigt n’a rien d’une alliance.

les cuissardes de carla bruni sarkozy

En agrandissant l’image sur Flickr, on peut lire la légende de Vogue, qui affirme entre autres que:

“Carla Bruni cultive l’art de la discrétion”.

Et une autre photo du même reportage, propose en complément de réflexion:

“Je ne veux pas être reconnue pour des raison que l’on croit, je le veux pour des raisons aimables.”

A priori, je ne rangeais pas le président s’lâche parmi d’aimables raisons.

Bref.

A propos de journalisme on apprenait hier que Cécilia Sarkozy allait recevoir 30.000 € de Closer (à qui elle en réclamait 250.000) pour une photo que le Nouvel obs (entre autres) reproduit tranquillement. Comme moi d’ailleurs.

Comme RMC, et d’autres, reproduisent la publicité de Ryanair contre laquelle l’Elysée “envisage” de porter plainte.

On ne sait pas encore combien ça va leur rapporter, mais ça pourrait bien payer le voyage en Inde. Et deux trois cadeaux d’anniversaire.

A propos de Ryanair et de top model, ça aurait pu être pire.

Et aussi, à propos de Ryanair et de l’Elysée, en cherchant* le premier sur le site du second, on ne trouve rien, sauf l’aveu que l’anglais supplante là aussi le français.

A propos de déshabillage, de présidence de la République et d’argent, c’est aujourd’hui que sont mis en vente à Drouot 368 vêtements et objets de la garde-robe personnelle de François Mitterrand.

Pour vous dire la vitesse à laquelle se déprécie une image présidentielle, les estimations sont comprise entre 40 et 1500 euros. Pas de quoi s’offrir beaucoup de photos dans Closer. Et reste-t-il vraiment beaucoup “d’aficionados mitterrandiens”?

A propos d’argent, j’ai entendu cette déclaration au journal de 19 heures hier soir sur France-Inter:

“On est quand même dans un système où quand on a une forte rémunération (qui était sans doute légitime) et qu’il y a un fort problème, on peut pas s’exonérer des responsabilités.”

C’était une intervention au sujet de Daniel Bouton, pédégé de la Société générale, et de sa démission qu’aurait refusée le conseil d’administration de la banque aux 50 milliards qui n’ont rien à voir avec les subprimes… Imaginez ce que ça va être quand ça aura à voir.

La déclaration est de Nicolas Sarkozy. On la prend comme une promesse?

A propos d’ego (rien à voir avec Lego©), de promesse, et aussi de divan, d’argent, d’etc. dans 5 ans Carla Bruni sera psychanalyste… si l’on en croit cet interview paru en 2002, quand les egos démesurés la plongeaient dans l’ennui.

Tout change…

*Trouver par hasard sans chercher, ça se dit Sérendipité. Et l’auteur de la sculpture en Lego© se nomme Nathan Sawaya.


Être une femme libérée…

Lundi 28 janvier 2008

Oui, je sais. le titre est facile. Mais les billets du dimanche soir au retour de Paris, c’est pas si facile non plus.

J’ai failli faire un spécial dédicace à la jeune femme de la préfecture de police qui m’a annoncé samedi soir au téléphone qu’il était impossible de retirer un voiture de la fourrière parisienne le week-end et au policier qui m’a rassuré quelques minutes plus tard que j’allais pouvoir rentrer à Besançon (”Je sais même pas où c’est Besançon, je sais que c’est en France mais à part ça…”), puis je me suis dit que ça vous intéresserait pas trop.

Bref.C’est en écoutant les infos sur la route du retour que j’ai entendu Mme Royal. “Libérée” de sa séparation d’avec François Hollande.

C’est à des moments comme ça que tu te dis que la politique te méprise grave, que la démocratie se fout bien de ta gueule, que la dame a bien du culot d’étaler sa vie privée sur le canapé de ta télé publique après avoir fait le reproche au président s’lâche d’instrumentaliser la sienne, que t’es sacrément fainéant de te contenter de ça pour commencer la semaine, mais que ça te fera une bonne chute d’écrire que :
1° quelqu’un qui a renié son programme électoral un mois après sa défaite s’y connaît forcément en tromperie;
2° que les Français se sentant de plus en plus les cocus de Sarkozy, la m’dame Royal va leur faire le coup de l’empathie.

Et c’est tout?

Oui, c’est tout. Bonne semaine à vous. Et bonne suite aux Indiens qui ont la chance de pouvoir savourer, eux, l’après-Sarkozy.


Supplément week-end

Dimanche 27 janvier 2008

Petite escapade parisienne pour voir notamment les photos de Boubat. Et aussi deux ou trois choses au hasard des rues, des envies, des couleurs au ciel, du sourire au cœur, des éclats de vie… Un week-end en amoureux quoi.

Mais pour partager un peu quelque chose avec ceux qui viendront voir ici dimanche, je poste juste un billet vite fait avant de partir vendredi matin.

Je me souviens de l’époque, déjà lointaine, où ma fille avait débarqué à la maison en me demandant de lui dégoter la “next big thing”. Le prochain groupe qui allait déchirer et qu’elle allait pouvoir frimer de le connaître avant tout le monde.

C’est vrai que j’ai toujours aimé partir à la découverte et que je ne suis pas toujours détaché de cette sorte d’élitisme du rare, du pas encore connu, du confidentiel, du “je l’avais connu bien avant…” Même si je me suis calmé, je reste toujours fier d’avoir été le premier acheteur de Paolo Conte en France, un des premiers de Johnny Clegg (putain de picture disc!) ou de Springsteen, un des spectateurs du premier concert de U2 puis de Yann Tiersen (à Nogent ou à Nyon), en même temps qu’un des derniers toujours fidèles d’Elliott Murphy.

Bref. Ce jour-là, c’était Evanescence. Que j’avais déniché avec trois petits semaines d’avance sur la déferlante, grâce à M la music (merci Jean-Marc).

Aujourd’hui, c’est The Do. Découvert il y a une dizaine de jours grâce à un autre site musical, leschoses.com, que j’aime bien. Je suis pas sûr d’être en avance. Pas grave. Tant pis pour ceux qui connaissent déjà. Et bon dimanche aux autres.

C’est par là… ou par ici.


«On se sent moins seul»

Samedi 26 janvier 2008

J’ai reçu jeudi un commentaire qui m’a fait plaisir.

Parce que mine de rien, je n’écris pas tout ça pour rien ni pour personne. Je suis content quand je sais que je suis lu et encore plus quand je me sens ou sais apprécié, que mes mots font écho à des idées, que j’éveille des sourires ou fait naître des réflexions, que je partage avec vous ces petits etc. de regards sur la vie.

Bref.

Le commentaire me remerciait pour «l’énorme travail de documentation, de tri et de synthèse de ce blog, et l’implication du “fabricateur” du dit (…) fort utile, précieux, revigorant etc…»

Ça m’a donc fait plaisir pour moi et pour la personne qui se sentait moins seule en lisant mes blouguis-glop.

C’est le genre de trucs que je comprends. Vraiment.

Parce que moi aussi, des fois ça me fait du bien de me sentir moins seul. D’avoir le soulagement, à travers le flot d’une pensée unique et conformiste, d’entendre une vois dissonante, une autre perspective, un petit coin de résistance.

Jeudi aussi, j’ai donc reçu le numéro du 20e anniversaire de Politis

… dans lequel il y a quelques souhaits de longue vie, dont ceux de Rony Brauman, Leila Shahid ou Daniel Mermet, qui salue un journal grâce auquel “chaque semaine, on se sent moins seul”.

Je vous mets la photo de couverture pour que vous le retrouviez chez votre marchand de journaux. Des fois, il est plus difficile à dénicher que d’autres que finalement je n’ai pas envie de nommer.

Alors, sauf si vous avez une super excuse valable (genre déplacement longue durée à l’étranger), merci d’acheter ce numéro, de le lire et de continuer peut être la semaine prochaine, et puis, pourquoi pas, de vous abonner.

J’oblige personne, hein? Mais L’équilibre financier de Politis est fragile. Et ça me ferait chier qu’ils disparaissent.

Je me sentirais un peu seul.


Comme les autres

Vendredi 25 janvier 2008

Je sais. Je vais choquer. Mais autant le dire tout de suite: je suis d’accord avec lui. Lui. Le président s’lâche. Nicolas Sarkozy. Bon, ça va. Prenez le temps de lire la suite.

Je disais donc, il m’arrive d’être d’accord avec Sarkozy. Sur un point. Avouez que c’est peu.

Mais quand j’ai lu avant hier sur le site du Monde “Feu vert pour l’adoption homosexuelle”, je me suis dit qu’il avait fini par lâcher.

Non, c’est l’Europe qui condamne la France pour discrimination.

Les socialistes, très fervents d’Europe on le sait (demandez donc un référendum), se sont engouffrés dans l’actualité pour déposer une proposition de loi. Incapables de produire une idée de gauche sur le droit du travail ou une redistribution de la richesse, les voilà dont réduits à courir après le fait de société.

Je ne comprends pas ce que Noël Mamère fout sur la photo de France-Soir, ni ce qu’il y a de si rigolo*. Je ne suis pas sûr que c’est avec ce genre de lois que Mme Royal, qui se plaignait de leur défection sur TF1 le jour de la sortie de son livre, réapprivoise les voix des vieux. Bref.J’ai hésité à écrire ce billet. Parce que je me sens être un sacré conservateur en l’occurrence. Et si c’est ça aujourd’hui être de gauche, je me sens pas trop de gauche.

Plutôt du côté d’autres réactionnaires, comme Aldo Naouri, qui craint dans l’homoparentalité** “l’altération de la notion de différence”.

Mais je n’ai pas envie non plus de rentrer dans un concours de citations comme j’en ai lu depuis deux jours. Les pour, les contres et les arguments qui fusent. Et l’épuisement…

J’ai juste envie de rappeler deux choses.

Primo. S’il est vrai que la loi ne doit pas faire de discrimination, jusqu’à présent (si on la laisse faire) la nature en fait une… L’homosexualité est stérile, et la revendication qu’elle soit procréative ne me semble qu’un avatar de plus de nos sociétés hautement consuméristes.

Secundo. Ce droit À l’enfant, s’oppose souvent au droit DE l’enfant (voir à ce sujet cet interview de Rony Brauman), en même temps qu’il occulte le devoir d’être parent. Mais si j’oppose le devoir au droit et le don à la demande, je vais être aussi traité de réactionnaire.

Une question pour finir : la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), qui a condamné la France pour discrimination, a attribué à la requérante 10. 000 euros au titre du “dommage moral”. Vous trouvez pas que ça fait pas cher la cote du gosse? Il est vrai que les bourses sont capricieuses.

*J’ai fini par comprendre. Je suis lent. C’est le mariage “homo” de Bègles. Rien à voir, quoi que.
** Mot et concept récent si l’on en croit cette étude, très partiale mais intéressante.
J’ai pas développé le titre finalement, qui fait allusion au voisinage alter = hétéro.


Jacques a dit

Jeudi 24 janvier 2008

On a eu enfin connaissance des propositions de M. Attali pour sauver l’économie française. Le rapport complet est disponible ici, sur le site Internet de la Commission pour la Libération de la Croissance Française (que de majuscules!) ainsi qu’à la Documentation et aux éditions Fixot, l’éditeur du patron…

Le genre de prose qui tombe bien, le jour de l’ouverture du forum de Davos et de la poursuite du repli des places boursières.

Et alors?

Alors, rien. Juste un nouveau ressassement du dogme libéral, de la nécessité de réformer, de se libérer des carcans, de réduire les dépenses publiques, de déréglementer, etc. La seule surprise, c’est que même les députés UMP le critiquent

Mais au fond, je vais vous dire, je m’en fous du rapport Attali. On peut juste, pour rire, regarder les pages 19 ou 241. Déjà pour s’apercevoir que le Jacques n’a pas perdu l’habitude du copier coller, puisque les deux passages sont rigoureusement identiques. Ensuite pour prendre note des effets mirobolants qu’aura ce plan miracle. En 2012, pourquoi 2012?

• Une croissance potentielle de 1 point plus élevée qu’aujourd’hui ;
• Un taux de chômage ramené de 7,9 % à 5 %, c’est-à-dire le plein-emploi ;
• Plus de 2 millions de logements construits et au moins autant de rénovés ;
• Le chômage des jeunes divisé par trois ;
• Le nombre de Français sous le seuil de pauvreté ramené de 7 à 3 millions ;
• Plus de 10 % des élus à la prochaine Assemblée nationale issus de la diversité ;
• L’écart de l’espérance de vie entre les plus favorisés et les plus défavorisés sera réduit de un an ;
• Plus de 10 000 entreprises créées dans les quartiers et les banlieues ;
• Un senior sur deux au travail au moment de prendre la retraite, au lieu de un sur trois aujourd’hui ;
• Un taux d’encadrement dans le premier cycle de l’enseignement supérieur identique à celui des classes préparatoires ;
• 100% des Français ayant accès à l’Asymetric digital subscriber line (ADSL) et à la large bande, et 75 % des Français devenus utilisateurs réguliers d’Internet ;
• Une dette publique réduite à 55 % du PIB ;
• Une fréquentation touristique atteignant plus de 90 millions de visiteurs annuels.

En fait, pas grand chose pour vraiment faire rêver, non?

Et encore, ces objectifs ne seront atteints que si toutes les propositions du rapport sont appliquées, a prévenu l’auteur. “On ne peut pas supprimer les freins sur la roue gauche d’une voiture sans supprimer les freins sur la roue droite”, a-t-il ajouté.

C’est déjà mal parti pour l’application intégrale, si on en croit la réaction du président s’lâche, et je m’interroge pour ma part au passage sur la valeur de la métaphore. On voit (et on espère) qu’Attali laisse le soin à son chauffeur de la conduite, parce que sans frein, tu vas pas loin…

Comme il doit laisser à une secrétaire ou à un comptable quelconque, le soin de vérifier ses relevés bancaires. En effet, en réponse à un excellent article de Bakchich sur ses activités de consultant qui lui valent la curiosité de l’Autorité des marchés financiers (AMF), Jacques Attali ne trouve d’autre réponse à donner que sa plus parfaite ignorance. Y compris sur ce qu’est une facturette de carte bleue…

Parole d’expert en croissance.


Bonnes nouvelles

Mercredi 23 janvier 2008

J’ai reçu ça :

Libres !
On est libres. Et c’est aussi grâce à vous !
Des mots. Des pétitions. Des actions. Tous vos petits gestes nous ont permis de retrouver le grand bonheur qu’est la liberté et les petits bonheurs du quotidien. Les rues de Paris, les moments en famille, avec les amis… Nous savourons chaque instant.
Nos proches aussi ont été très touchés par cet énorme élan d’amour, d’amitié et de solidarité que vous nous avez manifesté.
Vous n’y étiez pas obligés. Vous l’avez fait. Il nous faut maintenant être à la hauteur.
Pour cela, merci, merci, merci.
Thomas et Pierre

Au moment où on apprenait qu’au Niger, Al-Hassane Abdourahman, le chauffeur des deux journalistes Thomas Dandois et Pierre Creisson, était libéré à son tour…

Il nous faut tous être à la hauteur.