Qui c’est celle là ?

Vendredi 30 novembre 2007

A force de ne pas regarder la télévision, je vais finir par avoir l’air malin. Pas seulement parce que je paye une redevance pour quelques heures par an, ce qui me fait la séance télé à un prix 10 fois plus élevé qu’une séance de cinéma, mais parce que je ne connais rien à rien.

Et je parle même pas de la publicité. Peut être un autre jour, mais ne mélangeons pas tout.

Je parle de Florence Foresti. Vous connaissez, j’en suis sûr… Elle fait la une de Paris Match cette semaine, et moi, je suis obligé de regarder son nom pour être sûr de pas faire de faute en le recopiant.

Vous me direz qu’entre Paris Match et moi y’a une sacrée différence d’audience et que je suis pas obligé de le lire non plus.

A la première remarque, je répondrai que c’est facile ce genre de réflexions, totalement gratuit, pas très encourageant et qu’il faut attendre. Certes, 4,5 millions de lecteurs hebdomadaires contre une petite dizaine de visites par jour, y’a pas photo. Argument choc. Mais Paris ne s’est pas fait en un jour, Match existe depuis 1949, et si vous voulez bien, on en reparle dans … 58 ans !

A la seconde remarque, je répondrai {c’est assez grisant de se faire soi même les questions et les réponses, avec une apparence de discussion, de débat, de contradiction que tu maîtrises à ta guise… et finalement c’est plus économique que d’inviter deux potiches dans ton salon (voir l’image plus bas, vous comprendrez pourquoi…) et de te sentir obligé à la fin de leur dire que tu vas aller te coucher pour qu’ils puissent rentrer chez eux ou que tu les remercies de t’avoir invité, grisant au risque de rendre la parenthèse interminable et encombrée d’autres parenthèses, et pour marquer le coup de se sentir obligé de la remplacer par des accolades, j’aime bien les accolades, ça fait embrassades viriles, ok, ok, je ferme…} Je répondrai donc que je ne lis plus Paris Match depuis que je ne vais plus chez le coiffeur, c’est à dire belle lurette, mais que comme dit une citation célèbre : “Si tu ne viens pas à Lagardère, c’est Lagardère qui viendra à toi.”

En passant devant le bureau de tabac, donc, j’ai fait connaissance de Florence Foresti, en couverture de Paris Match.

Après le couverture de la semaine dernière sur Claire Chazal et les collégiennes du Cambodge, je me dis que décidément les femmes sont à l’honneur dans la presse people et aussi les petits enfants. Normal que Béjart soit relégué en haut à droite de la couverture, ses chorégraphies ne valant pas la manière dont la championne du rire national tient son gosse face à l’appareil, pour bien l’habituer parce que le talent, c’est des fois comme l’argent, héréditaire. Je pense ici à Lagardère justement ou aux Dassault, pour la seconde catégorie et aux Renoir pour vexer personne vu qu’ils sont morts tous deux, père et fils.

Et une pensée me traverse pour le petit Montand dont je me demande bien ce qu’il devient et pourquoi Béjart ne pourrait -il pas faire la couverture, à propos de vieux qui font comme des jeunes hommes?

Bon… Je rentre, curieux comme tout, prêt à la découverte de Madame Foresti qui fait rire toute le France et que je ne connais même pas. Je me sens exclus d’un coup, comme si je n’appartenais pas à cette France unanime et fraternelle qui, chaque jour encore, fait rayonner loin, au delà des frontières, l’esprit des Lumières et le génie des encyclopédistes.

Et j’ouvre l’encyclopédie des temps modernes, puis je navigue de page en page, à la recherche du rire promis. Et…

Bon, je vous la fais courte et j’arrête de mettre des liens en pagaille pour faire monter mes statistiques. Je vous épargne mes multiples découvertes… C’est pas la peine d’attirer ici des fans qui risquent d’être frustrés de ne pouvoir mettre de commentaires élogieux et de tout casser. J’ai pas rigolé, non vraiment pas. Et comme je suis sympa, je vous épargne les liens vers les vidéos sur Internet. Vous avez qu’à vous payer une télé et la redevance.

J’ai pas ri et je me suis senti aussi décalé que le jour où j’avais fait l’effort d’écouter Bigard chez Stéphane Bern, pour voir, comprendre, trouver des occasions de partager avec mes concitoyens, mes compatriotes, mes semblables, mes proches… Et que déjà, j’avais pas ri. Oui, je sais, ça sent le multirécidiviste, mais je suis pas mineur.

Attendez, partez pas : il m’arrive de rire. Mais pas avec n’importe qui, comme disait Desproges. Comme disait Guy Bedos, on n’a pas tous la même bonne humeur.

Ne perdez pas la vôtre. Bon week end !

PS : Même si j’ai réussi à pas en causer, je m’en fous de la JSS. Allez, je vous mets l’image.


Premiers Français

Jeudi 29 novembre 2007

Il y a plusieurs catégories de “premiers Français” : ceux qui sont les premiers au monde à avoir fait quelque chose, comme


René François Armand Prudhomme,
plus connu sour le nom de Sully-Prudhomme,
premier prix Nobel de littérature en 1901

ou


Louis Lachenal (au centre), premier alpiniste au dessus de 8000 m
(en compagnie de Maurice Herzog…)

Ou ceux qui ont été les premiers Français à faire quelque chose d’exceptionnel déjà réalisé par quelqu’un d’autre à la surface du globe, comme


Jean-Loup Chrétien, premier Français dans l’espace en 1982

ou


la petite Amandine,
première bébé “éprouvette”, née la même année…

Et depuis hier soir, il y a Simon Treille.

le premier Français à avoir fait comme des millions de personnes de par le monde… Le premier acheteur de l’iPhone à Paris a déclaré à sa sortie de la boutique : “J’ai fait la queue depuis 10 heures ce matin, c’est un vrai bonheur d’être le premier client …”

“Le bonheur c’est simple comme un coup de fil”, nous serinait France Telecom à une époque qui semble si lointaine dont certains dénoncent le monopole et dont d’autres regretteront le service public. Là n’est pas le débat, paraît-il. On reprend donc les vieux slogans, on recycle (plus ou moins bien) et on vend…

Et on achète. Par curiosité, j’ai fait mon petit calcul. À 8Go de mémoire par appareil et en prenant (pour simplifier) une base de 4Mo par fichier mp3, il faut environ 2000 chansons pour remplir chaque téléphone. Je fais pas le calcul avec la vidéo, mais aux 399€ de départ, et aux 59€ mensuels de base, il faudrait donc ajouter 2000€ (1980€ exactement à 0,99€ le morceau) pour abreuver la bestiole. A moins d’avoir un super répertoire avec tout plein d’amis. Ou un fournisseur d’accès à Internet qui ferme les yeux plutôt que ton compte quand tu télécharges…

Orange espère vendre 100000 appareils d’ici à la fin de l’année et 500000 en 2008. Je fais pas la multiplication de Go par les €, sinon je vais attraper le vertige.

Pour revenir sur terre, je vous propose un autre chiffre : 16800. C’est le “revenu salarial net moyen”, secteurs public et privé confondus, que publie ce matin l’INSEE, et qui n’a pas bougé depuis… 30 ans ! 1400€ par mois. Pas de quoi remplir son téléphone.

Ce soir, un autre Français va tenter de prendre une place de premier dans l’histoire, en escamotant un paquet fiscal de 15 milliards offert aux riches au mois de juillet pour faire briller quelques centimes sous les yeux des pauvres avant Noël. Il peut toujours essayer le coup du portable…


La date et l’heure

Mercredi 28 novembre 2007

“Life is what happens to you when you are busy making other plans”, aurait dit John Lennon. Ce qui se traduit approximativement par «La vie c’est ce qui arrive quand on prévoit autre chose.»

J’aime bien commencer par une citation, ça fait sérieux et cultivé. Et puis ça permet de poser le contexte. Un peu comme une phrase en exergue après la couverture du livre. Il y a encore 10 jours, la couverture aurait pu être celle-là :

Mais les éditions Casterman ont “aimablement” demandé la fermeture du générateur de couverture Martine. Et l’ont obtenu. On n’est pas au far-west, y’a des lois.

A propose de loi, la loi Neuwirth a 40 ans, nous rappelle l’INED par l’intermédiaire de France-Soir. Comment? Ça ne vous dit rien. Je suis pas sûr que j’y serais arrivé sans antisèche. Lucien Neuwirth est le “père de la pilule”.

 

Euh, non… Pas celle là. Plutôt celle-ci :

Celle que Martine a oublié mais que 60% des femmes de 20 à 44 ont choisi comme moyen de contraception, nous rappelle Le Monde. Qui nous livre un autre chiffre issu de l’étude de l’Institut national des études démographiques :

Aujourd’hui, le taux d’enfants “programmés” a considérablement progressé passant de 59 % en 1970 à 83 % en 1995.

Le genre de phrase dans laquelle le mot progrès me parait sujet à débat. De la “maitrise de la fécondité”, puis la “planification des naissances”, les heureux parents sont passés aujourd’hui au “bébé programmé“. Pas encore génétiquement, mais au moins en fonction du calendrier. Huit naissances sur dix seraient aujourd’hui planifiées en fonction des conditions matérielles des parents, et un couple sur cinq cherche à déterminer à l’avance le mois de l’accouchement, avec une préférence pour le printemps. Encore un effort, et on pourra choisir l’heure, avant ou après le film ou le match…

Heureusement, l’INED conclut en rappelant que la conception reste “un événement aléatoire”, et qu’entre les naissances “non désirées”, les naissances “mal planifiées” ou celles qui sont survenues alors que la femme “n’y pensait pas” une grossesse sur trois est “imprévue”.

Tant qu’il reste de l’imprévu, il reste de la vie si l’on en revient à la définition de Lennon, et donc de l’espoir.

Et puisqu’une bonne nouvelle n’arrive pas seule, j’ai le plaisir de vous annoncer que Martine a trouvé de dignes remplaçants. Amusez vous bien !

 

Ça n’a aucun rapport, sauf un peu avec la musique. J’apprends, en cherchant un autre article, le décès de Fred Chichin, guitariste des Rita Mitsouko. Même si j’étais pas le plus grand fan, ça fait…


Rustine ou chambre à air…

Mardi 27 novembre 2007

J’ai eu la chance étant ado, de faire de la mob sans trop de problèmes.

Une arrestation pour grillage de 4 stops consécutifs, avec rappel à la loi, et quelques contrôles inopinés au moment où le copain vient de sauter du porte bagages ou de lâcher ton bras pour faire semblant de pédaler à ta vitesse…

3 fois rien donc.

Et puis pas mal de crevaisons.

Faut dire que j’avais la chance (finalement j’avais beaucoup de chances étant ado, au moins deux dans cette page…), j’avais la chance, donc, de partir au lycée en traversant la forêt. L’inconvénient de cet avantage était que les épines d’acacia me transperçaient les pneus avec une régularité quasi hebdomadaire. Même si j’avais d’excellents pneus.

C’est comme ça que j’ai développé une certaine compétence. Sans trop d’étalage de ma science, je rappellerai donc ici qu’en cas de crevaison, il faut mettre…

Non ! Pas un préservatif. Une rustine. Bravo!

Seulement, au bout d’un moment, ta chambre à air est tellement couverte de rustines, que t’es bien obligé de la changer.

J’avais la chance (encore, décidément!) d’avoir un père (que j’ai toujours) qui travaillait chez H**** (voir plus haut). Ce qui fait que les chambres ne me coûtaient pas trop cher.

Voilà.

C’est tout?

Non, c’est pas vraiment tout.

Je racontais juste ça, parce que ça m’est revenu ce matin en écoutant les infos, entre les émeutes de banlieue, la répression en Russie, les droits de l’Homme (hihihi) en Chine, ou la guerre entre Israéliens et Palestiniens.

Je sais qu’entre les 49,9 cm3 de ma mob et le volume de la terre y’a comme une différence. N’empêche que j’ai comme une vague et désagréable impression qu’on est à l’ère des rustines : plans de paix approximatifs, résolutions internationales pour la forme, Grenelle de l’environnement ou de l’insertion, plan Marshall pour les banlieues, paquet fiscal pour les grosses fortunes (euh, là je suis pas sûr que la rustine soit bien choisie…), etc., mais qu’on a pas de chambre de rechange.

 

Et quand je regarde, au hasard, ici ou , j’ai pas trop l’impression qu’on ait une chambre de rechange en état de marche de sitôt!

Et je suis pas sûr de croire aux devises Shadock*…

*T’as vu Babette, je t’ai mis plein d’images.

Plus ou moins vite

Lundi 26 novembre 2007

Je me demandais ce que j’allais pouvoir dire d’autre que Sébastien Fontenelle, dans Vive le feu

ou que Jean-Baptiste Bernard dans le Charençon libéré

Parce que y’a des jours où tu te sens pas de revenir sur le sujet, t’as peur de déraper, de dire des conneries, tu gardes le silence et tu serres le poing.

Je me disais juste que la subjectivité atteint parfois des sommets, que selon les points de vue, le réel et le virtuel, le vrai et le faux, l’information et la propagande se mélangent, se confondent, se téléscopent. Et que c’est JAMAIS anodin. Que, comme par hasard, c’est toujours du côté du manche que ça tombe, contrairement à toute probabilité qui voudrait qu’il y ait au moins une certaine alternance, comme par exemple, je sais pas moi, la tartine de confiture, ou qu’un jour il y ait plus de manifestants dans les comptes de la police ou encore que TF1 se décide à faire du journalisme…

J’avais envie de parler du mensonge, de la mauvaise foi, de la rumeur, du cynisme, et d’Einstein… qui a dit un jour que “Rien n’est plus proche du vrai que le faux”. Comme quoi on peut se mettre à parler à 3 ans seulement et ne pas dire que des conneries. Ce qui devrait au passage rassurer quelques parents.

Oui, décidément, je le sentais mal ce fait divers. Des réminiscences d’il y a juste deux ans, avec la différence de position situation d’un individu passé du ministère de l’Intérieur à la Présidence de la République. Et je m’apprêtais à en remettre une couche sur le vrai - le faux

comme ça, pour soulager un besoin de crier, de hurler contre les loups, pour évacuer cette impression nauséeuse qu’on va encore nous prendre pour des veaux, circulez y’a rien à voir, et plus vite que ça!

Eh ben vous savez quoi? Y’a une demi-heure, en regardant sur le site de 20 minutes où ils n’ont pas que des bons blogs (voir plus haut) mais parfois de bons titres, je tombe sur celui-ci de titre:

Villiers-le-Bel : selon la police, les policiers ne sont pas responsables

Je me frotte les yeux. Une enquête de police pour déterminer la responsabilité des policiers, ça sent l’objectivité maximum. Et pour couronner le truc, moins de 24 heures pour conclure une enquête, d’un coup, ça paraît à peine croyable.

Je rappelle, pour simple comparaison, que notre ancien président vient d’être mis en examen pour des faits qui remontent à la période … 1983-1995. C’est sans doute ce qu’on appelle une justice à deux vitesses.

Rachida revient, ils vont devenir fous!

 

circulez, y'a rien à voir


66000

Dimanche 25 novembre 2007

Le chiffre est approximatif, veuillez m’en excuser.

Entre autres calembredaines, sur le nombre de ministres potiches, maman dans les valises (pour faire la potiche parmi les soldats de terre cuite de l’empereur Qin?), le petit Pierre (Jean a des obligations diverses et Louis reste sans doute avec maman) dont on se demande s’il va fourguer du hip-hop aux Chinois, si c’est inclus dans les 10 milliards de contrats prévus, et qu’on espère au passage que son voyage et celui de sa grand-mère sont payés sur le salaire revalorisé de papa, et avec tout ça on a oublié Alain Delon qui fait la gueule, Rama Yade pour pas qu’elle dérape et le début de la phrase où j’étais content d’avoir pu glisser calembredaines…

Pff, pff

Entre autres donc, on a appris que le papa allait dormir dans la suite présidentielle du Sofitel Wanda Beijing, le nouveau cinq étoiles du groupe Accor à 8800 euros la nuit ! Sur ce coup là, pas la peine de se poser la question de qui paie. Mais pour redonner du contexte, j’ai fait le calcul ci dessus. Approximatif, je le rappelle. En se basant sur les données concernant les salaires ici et là, le rapport entre le salaire moyen en France et en Chine est d’environ 1 à 7,5. C’est comme ça que j’ai multiplié 880 par 7,5 pour arriver à 66000. C’est approximatif, je vous dis. Grosso modo 5 ans de smic.

Mais pour ce prix là, l’omniprésident dispose de 800m2, un jaccuzi perso, un lit de 3 mètres sur 3… où c’est à peine hypocrite d’écrire que “le président risque de se sentir un peu seul…” comme le fait gentiment le Nouvel Obs. Parce que faute de secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme, notre ministre de la Justice est du voyage. Faute de droit de l’homme, on a bien droit à une femme…

Rendez-vous en 2008. L’omniprésident a promis de revenir pour les JO.


Les mots sont importants !

Samedi 24 novembre 2007

Nul n’est censé ignorer la loi. Même s’il faut s’accrocher un peu.

Comme pour la chronique du jour, je vous préviens. Mais je crois pas être aussi touffu que le code civil, pénal, du travail ou de la route.

A propos de code civil et pénal, je ne suis pas sûr, je sais pas pourquoi, que les fermetures de tribunaux programmées par dizaines améliorent vraiment la justice de proximité.

A propos de code du travail, le démantèlement est en route.

Et à propos de code la route, j’ai été réveillé par le facteur qui m’apportait une lettre recommandée avec une amende pour excès de vitesse cet été du côté de Blois. Le centre de contrôle automatisé de Rennes, lui, ne risque pas l’excès de vitesse. L’infraction date du 11 août, la décision de me verbaliser du 30 octobre, et la lettre arrive ce matin… Trois mois. Ça laisse le temps d’économiser au retour des vacances et ça fait un petit souvenir au passage, au moment où les photos commencent à jaunir. Ça laisse le temps que l’amende se majore et qu’on me réclame 180€… Blurp, pour un dépassement inférieur à 20 km, ça fait cher du km au dessus de la vitesse autorisée! Va falloir qu’après ce billet, je me fende d’une lettre pour expliquer que…

Bon d’accord, ça n’a qu’un intérêt très relatif.

C’était juste pour dire que je suis pas délinquant, juste contrevenant de manière très occasionnelle.

Parce que les mots sont importants.

Contrevenant, c’est moins grave que délinquant, qui est au dessous (j’ose pas dire juste avant) criminel. Criminel, c’est le plus grave. C’est pas forcément assassin non plus. Me suis pas vraiment juriste, mais j’ai de petites notions. Du genre que j’ignore pas tout à fait la loi.

Tout ça pour dire que j’étais déjà énervé ce matin en allant au marché, à cause des 180€, quand le primeur auquel je demandais juste si ça allait mieux que la semaine dernière où il avait cassé son camion et perdu le sac de sa femme, part dans un long discours sécuritaire, dont je vous livre juste la conclusion : “Ben moi le boulanger, à sa place j’aurais tiré pareil”. J’ai pas tout de suite compris. il me manque toujours les références TF1 dans ces cas là. J’ai juste bredouillé un truc sur la justice et la société, la nécessité de l’une pour l’autre. Pas clair pour les marchands de primeurs dans le froid d’un samedi de novembre.

Curieux, j’ai regardé en rentrant. pas sur TF1, mais sur les actus en ligne. J’ai même trouvé une photo du boulanger.

Pas mon genre, mais la photo est pas là pour parler d’esthétique, juste pour nous dire que le monsieur il est gentil avec les enfants à l’arrière plan. Parce que les images aussi sont importantes. Mais là, c’est des mots que je voulais parler. C’est le titre non?

En fait de mots, c’est le titre de la dépêche AFP qui … je sais pas… me fait bizarre : “Un boulanger de l’Aisne, déjà victime de vols, tue un cambrioleur”. Je vais pas entrer dans le débat de la légitime défense, du fusil qu’on a bien raison de garder chez soi avec tout ce qu’on voit et tout ce qu’on entend, de l’époque “mon bon monsieur” et de mon temps “ma brave dame”. Parce que je sens, comme ça, qu’il va y avoir débat. Jusqu’au procès, voire après.

En fait de mots, donc, c’est peu de choses, mais je suis gêné par l’incise de l’AFP. “Un boulanger tue un cambrioleur”, ça aurait été trop dur. Le type va sans doute être mis en examen pour homicide, mais on va pas insister sur le crime (eh oui, homicide c’est ni une contravention ni un délit…). Rappeler dans le titre de la dépêche les antécédents de victime du criminel, au pluriel ce qui sent bien la récidive, ça annonce les circonstances atténuantes. Si tu rajoutes que le mort était Roumain… Je parie sur l’acquittement. Il y a des présomptions d’innocence mieux protégées que d’autres.

Et ça me gêne juste que l’AFP, créée de la volonté de la loi française, se laisse aller aux incises subjectives.


A l’abordage

Vendredi 23 novembre 2007

Je le jure, j’ai pas téléchargé le dernier Pagny

Je dis ça parce que les pirates sont des malfaiteurs et c’est pas la peine de traiter l’un de ses concitoyens de délinquant et de partir comme un voleur. C’est vrai quoi, comme disait ma grand-mère : “Quand t’as pas le cul propre, tu montes pas aux arbres”. Je sais d’ailleurs pas pourquoi elle disait ça. Ma grand mère, du moins quand je l’ai connue, sur le tard donc, ne montait plus aux arbres et ne montrait guère son cul.

Délinquant donc.

A l’heure qu’il est, le rapport Olivennes pour la lutte contre le piratage est entre les mains de l’omniprésident qui va partir en Chine avec ce qui amusera bien les Chinois pour lesquels le piratage est un sport national. Il y a même eu signature d’un accord entre “fournisseurs d’accès à Internet, pouvoirs publics et détenteurs de contenus culturels”.

Accord historique et concert de désaccord des utilisateurs, des consommateurs, des internautes, des gens… qui n’ont pas trop leur mot à dire. Achète et tais-toi!

Quand même, l’UFC-Que Choisir a fait savoir tout le bien qu’elle pensait de ce rapport “très dur, potentiellement liberticide, antiéconomique et à contresens de l’histoire numérique”.

Liberticide, ils exagèrent. Il ne s’agit que de pister, filtrer, ficher. Comme le disent les partisans des caméras à chaque coin de rue, “si t’as rien à te reprocher, t’as rien à craindre”.

Tu peux même monter aux arbres.

Pendant ce temps là, le site spécial Iphone de chez Orange aurait été piraté lui aussi, comme ça tout le monde sait que ça coutera trop cher de vouloir être branché et que restera-t-il aux propriétaires de l’outil, une fois délestés de 399€ pour le bidule plus un minimum de 49€ par mois, pour acheter de la musique en ligne pour gaver leur gadget!

Hypocrisie quand tu nous tiens. Mais je m’égare. Revenons au sujet.

Filtrer tout l’Internet, enregistrer toutes les connections, les échanges, les mails, les mots de passe, les pseudos, les recherches sur le web, les interventions dans les forums, les billets de blog à la con… les stocker pendant plusieurs mois pour les transmettre à qui de droit… Sûr que les fournisseurs d’accès qui font depuis des années la promo de leur débit ultra rapide qui permet de … télécharger à la vitesse du son qu’on écoute puis de l’image qu’on regarde, les FAI donc vont se précipiter pour investir dans la surveillance et la répression, même gradués.

Pendant ce temps là, les prix des CD et de la musique en ligne ne baissent pas.

Je sais pas, j’ai l’impression que pour le coup, le progrès a des airs rétrogrades (entre 1984 et le moyen âge) et que le libéralisme se soucie peu des libertés.

J’arrive pas à conclure…


De Honfleur à Lausanne

Jeudi 22 novembre 2007

De Honfleur à Lausanne, il y a 735 km. Comptez environ 7h08. Si vous passez par Vesoul, il n’y a guère que 8 kilomètres de plus, mais il faut compter plus de 3/4 d’heures supplémentaires de route. Comme quoi, il y a des kilomètres qui durent plus que d’autres. Et on est pas forcés de vouloir voir Vesoul. Ou Vierzon, Paris, Honfleur, ou Dutronc.

Aujourd’hui comme hier, la Haute-Saône est à l’honneur. moi qui habite pas loin, je peux vous dire que c’est rare et que ça va leur faire plaisir. Je dois ajouter au passage, que j’ai oublié hier, en évoquant le camembert, que le sapeur du même nom (mais sans le t final, attention…) était d’origine luronne. Bon, voilà qui est fait, et pour me faire pardonner, je vous mets la photo.

Fume c'est du Belge !

Et là, le monde se divise en deux catégories : ceux qui se demandent qui est le personnage de gauche (et qui n’ont rien suivi depuis le début!) et ceux qui se demandent ce que Brel fait là… Et qui comprennent alors pourquoi le titre de ce billet, et Dutronc et Vesoul!

A ceux qui suivent donc, je rappelle que Camember se prénommait François-Baptiste-Ephraïm, et j’apprends que la première chanson de Pagny c’était déjà N’importe quoi.

Bon, je vais essayer de faire court, parce que je sais pas vous, mais moi je vais pas passer la nuit ni même la soirée avec un délinquant financier. Surtout qu’en plus, c’est par Le Figaro que j’ai eu de ses nouvelles aujourd’hui. Et qu’est ce qu’il dit, le délinquant au journal qui l’interviewe gentiment?

Qu’il ne cache pas (comme quoi il ne dissimule pas tout) que Jacques Brel l’a aussi inspiré dans le choix de vivre hors de France. Je vous jure. C’est même la légende de la photo de l’article. Et là, d’un coup, je m’interroge. Moi même, oui, puisque Le Figaro ne viendra pas le faire, et pour cause: si j’ose chanter Amsterdam quand je suis ivre, je n’ai ni l’outrecuidance de l’enregistrer ni celle de me comparer à l’auteur… Bref, je m’interroge : pourquoi pas, pour l’évasion fiscale, choisir Aznavour ou Johnny? Ma Bohème ou Noir c’est noir? Au lieu d’aller se comparer à Brel jusqu’à s’en tartiner l’autoportrait…

Et en plus, de même pas être cap! Quand le plagiaire explique le choix des 11 chansons qu’il a pillées, il t’explique d’abord que ses disques ont toujours 11 chansons et blabla (faites gaffe aux arnaques les fans). Mais ça on s’en fout un peu, on se dit qu’on échappé à l’intégrale et que je reste seul à beugler Amsterdam sur le chemin du retour. C’est plus loin qu’il est piteux le gaillard, quand il explique :

La Valse à mille temps a sauté pour un vrai problème technique : déjà, j’ai du mal à dire “trois cent trente-trois fois le temps de bâtir un roman”. Alors la chanter à sa vitesse… Donc Vesoul est revenu, même si elle correspondait à un coin du monde qui ne m’intéresse pas tant que ça. »

Alors là… Quel talent. Le mec qui ose reprendre Ces gens-là, Frida compris que même Ange avait laissée tranquille, et qui sait même pas assez chanter pour oser La Valse et qui comprend pas le deuxième degré de Vesoul, que ça l’intéresse pas trop comme coin de monde. Pôv garçon, pauvre Brel, pauvre France. On a les chanteurs (exilés) qu’on mérite…

Finalement, j’ai tartiné quelques lignes sur le délinquant. Je sais pas si je vais avoir la place, le temps et surtout le courage de vous parler de sa retraite prévue en 2010 à 50 ans (va falloir aligner encore ce régime spécial).

Et surtout, j’ai juste quelques lignes pour un hommage à Béjart, mort aujourd’hui à Lausanne (d’où le titre…) Et le rapport ? Béjart n’était pas en Suisse à cause des impôts mais pour avoir les moyens de créer. Et c’est à Lausanne, en 2005, qu’il a monté un ballet sobrement intitulé : Brel-Barbara.

Allez, Pagny, fais un un effort : danse et tais-toi !


Président(es)

Mercredi 21 novembre 2007

J’avais pensé dans un premier temps (à cause des manifestations d’hier que je n’ai pas retrouvées sur Internet…) parler d’Hugo Chávez et de sa visite à notre soudainement invisible omniprésident.

Puis j’ai appris la mise en examen d’un ex président. Non, pas l’ex, l’autre.

Et puis, à peine je réfléchissais, qu’une autre présidente fait parler d’elle. Ça n’arrête pas !

Selon Le Monde, qui n’a pas pour habitude de dire n’importe quoi, « Laurence Parisot dénonce le coût incalculable de la grève ». (Vous pouvez vérifier, ici.)

Et là, je m’interpelle moi même. Car les mots comptent. Dénoncer, on comprend ce que ça peut vouloir dire dans la bouche de la patronne des patronnes et ça nous rassure à peine sur l’état d’un pays où la délation pourrait bien redevenir sport national. Ce qui tombe bien, les JO sont en Chine l’an prochain. Mais incalculable ? Ça inquiète non? Si la patronne des patrons n’est plus capable de calculer. Alors que c’est le B.A.BA du métier (ou plutôt peut être le 1+1=2) que de savoir calculer les prix de revient, les opportunités de rachat, de revente, d’externalisation, de délocalisation, ou encore le coût pharaoniques des régimes spéciaux, en particulier ces derniers temps, ou de ces prolétaires, en général, lesquels se croient vraiment tout permis ma brave dame avec ce droit du travail qu’il serait temps de réformer…

Sachant par ailleurs que la dite patronne des patrons l’est aussi (patronne) de l’Institut français d’opinion publique autrement dit IFOP dont le calcul, des % de satisfaits de l’omniprésident invisible, aux mécontents de cette grève au coût incalculable, en passant par les amateurs de camembert, ça inquiète, je répète.

Plus loin dans l’interview de RTL et dans la citation du Monde, Mme Parisot précise que incalculable « c’est probablement gigantesque ». Au cas où certains auraient encore eu l’espoir qu’il se soit s’agit d’un minuscule voire microscopique incalculable… Faut pas rêver.

Sur le site Internet du groupe Parisot, fabricant de meubles de Saint-Loup-sur-Semouse (en Haute-Saône pour les incultes), on peut lire : « fabricant d’idées neuves ». Le slogan ne s’applique pas à la rejetonne. En termes d’idées neuves, Mme Parisot recycle les vieilles idées rances d’une France étouffée par les grèves, paralysée par les mouvements sociaux, prise en otage par une minorité, etc. Mythe ou propagande? Les deux sans doute.

Mme Parisot n’en est pas à une idée propagandiste près, et elle est décidément bien loquace. En réponse aux fonctionnaires qui manifestaient hier (entre autres) pour leur pouvoir d’achat, elle propose comme solution… la suppression de la durée légale du travail! Sans rire.

Quelle bonne idée. En allongeant la durée du travail jusqu’à 70 heures par semaine, on pourrait même ôter aux travailleurs l’envie de consommer. Restera juste alors à régler le problème de nos surproductions galopantes…

Je ne sais si Mme Parisot est plus bête que méchante ou l’inverse. N’empêche que sa mauvaise foi et sa bêtise paraissent incalculables, c’est à dire gigantesques !